Après son escale parisienne, Benjamin Netanyahu doit se rendre à Ottawa puis à Washington où il rencontrera Barack Obama mardi prochain.Philippe Wojazer/Reuters
Mais M. Netanyahu venait surtout enregistrer une victoire diplomatique pour Israël, avec son admission au sein de l'OCDE, le club des pays les plus développés. Celle-ci, officialisée par les instances de l'organisation, représente pour l'État juif l'aboutissement de 16 ans d'efforts. Pour M. Netanyahu, le feu vert de l'OCDE ouvre de nouvelles sources de capital pour Israël, passé ainsi du statut d'économie émergente à celui d'économie développée. « L'un des défis actuels est aussi de développer la situation économique des Palestiniens et de nos voisins (...). Cela ne se substitue pas à la paix politique, mais cela pourrait grandement l'aider », a affirmé M. Netanyahu, dans un entretien au quotidien français Le Figaro. Les Palestiniens ont vivement protesté contre l'adhésion d'« un État occupant qui viole quotidiennement les droits de l'homme et le droit international ».
« Cette adhésion ouvre notre organisation (l'OCDE) sur le Moyen-Orient, où elle ne comptait pas de membres. Cette ouverture pourrait être suivie par d'autres », a, pour sa part, assuré Bernard Kouchner, le chef de la diplomatie française. « L'adhésion à l'OCDE montre les capacités d'Israël à faire prévaloir ses vues, en dépit d'une évolution générale hostile à sa politique (rapport Goldstone, bras de fer avec l'administration Obama...) », a, de son côté, estimé Denis Bauchard, spécialiste du Moyen-Orient à l'Institut français des relations internationales (IFRI).
Après Paris, M. Netanyahu répondra à Washington à une invitation de Barack Obama, vue comme une tentative d'apaiser les relations des deux pays tendues par après la poursuite de la colonisation juive à Jérusalem-Est annexée. Le climat s'est quelque peu détendu, notamment après l'annonce des pourparlers de paix israélo-palestiniens, dits « de proximité », sous l'égide de Washington.
À ce sujet, Benjamin Netanyahu, a souhaité hier l'engagement rapide et sans condition de négociations directes avec les Palestiniens. « Nous voulons aller aussi vite que possible à des négociations directes parce que le genre de problèmes que nous avons avec les Palestiniens ne peuvent être réglés que si nous nous asseyons à la même table », a assuré M. Netanyahu.
Selon l'Élysée, Nicolas Sarkozy, qui recevra prochainement Mahmoud Abbas, a redit sa conviction que le président palestinien et le gouvernement de son Premier ministre Salim Fayyad étaient « les partenaires pour la paix ». « Il a encouragé Israël à prendre des initiatives fortes pour avancer ». Dans une interview au Figaro, M. Netanyahu a défini « les deux éléments critiques » pour la paix, alors que le processus est gelé depuis l'offensive contre le Hamas à Gaza en décembre 2008. « Le premier est qu'un partenaire palestinien accepte la reconnaissance de l'État juif (...). Ce qui signifie la fin des revendications ultérieures et que la question des réfugiés palestiniens soit résolue en dehors des frontières d'Israël (...). Le second est que cet État palestinien soit démilitarisé. »
Par ailleurs, le président du patronat israélien, Shraga Brosh, également à Paris, a dénoncé le boycottage palestinien des marchandises produites dans les colonies juives de Cisjordanie, mettant en garde contre les pertes d'emplois et possibles délocalisations d'activités vers Israël. Il s'exprimait lors d'un débat au ministère français des Affaires étrangères, avec le ministre israélien de l'Industrie et du Commerce Binyamin Ben Eliezer.


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