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Moyen Orient et Monde - Nucléaire

L’Iran notifie l’AIEA de « l’accord de Téhéran »

Le projet de résolution contre la République islamique est un « message clair », affirme Clinton.
L'Iran a notifié hier à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) l'accord irano-turco-brésilien sur un échange d'uranium, accord avec lequel Téhéran veut rassurer la communauté internationale sur son programme nucléaire. Car, malgré les dénégations du régime islamique, qui affirme que son programme nucléaire est purement civil et pacifique, les grandes puissances et l'ONU soupçonnent l'Iran de vouloir se doter de l'arme atomique.
Des diplomates iraniens ont remis la lettre de notification de l'accord tripartite signée par le chef de l'Organisation de l'énergie atomique iranienne, Ali Akbar Salehi, au cours d'une réunion à la résidence du directeur général de l'AIEA, le Japonais Yukiya Amano, à Vienne. Des diplomates turcs et brésiliens étaient présents au cours de cette rencontre d'une quarantaine de minutes.
Dans le document remis à l'AIEA, Téhéran stipule que « la République islamique d'Iran annonce son accord avec le contenu de la déclaration tripartite (Iran-Turquie-Brésil), et affirme que ses différents articles sont liés entre eux et que chacun a une importance particulière », selon des extraits publiés par l'agence de presse iranienne IRNA. L'accord irano-turco-brésilien, signé le 17 mai à Téhéran, prévoit l'échange en Turquie de 1 200 kg d'uranium iranien faiblement enrichi (3,5 %) contre 120 kg de combustible enrichi à 20 % fourni par les grandes puissances et destiné au réacteur de recherche nucléaire à des fins médicales de Téhéran. « Nous attendons de l'agence, conformément à l'article 6 de la déclaration, d'informer le groupe de Vienne (États-Unis, Russie, France) et de nous transmettre la réponse positive de ce groupe. (...) Ce qui permettra de commencer les négociations sur les détails de l'échange du combustible », poursuit M. Salehi dans sa lettre. Prié de dire si l'Iran continuerait à enrichir de l'uranium en cas d'accord avec les Six (États-Unis, Russie, Chine, Grande-Bretagne, France et Allemagne), il a répondu : « Ce n'est pas la question. »
Peu après la réunion, un porte-parole de l'AIEA, Gill Tudor, confirmant la teneur du document, a annoncé que Yukiya Amano « allait transmettre la lettre aux États-Unis, à la Russie et à la France ». Ces trois pays avaient proposé en octobre 2009 une autre procédure d'échange d'uranium à laquelle l'Iran n'avait finalement pas donné suite. De leur côté, les grandes puissances avaient récusé une contre-proposition iranienne préconisant l'organisation d'un échange simultané sur le sol iranien de l'uranium faiblement enrichi en Iran contre du combustible plus enrichi fourni par la France et la Russie. Depuis cette proposition, le stock d'uranium faiblement enrichi de l'Iran est en forte hausse, il est passé de 1 200 kg en octobre à un peu plus de 2 000 kg en février, date du dernier rapport d'inspection de l'AIEA (le prochain est attendu en juin). Selon des experts, il devrait être aujourd'hui d'environ 2 400 kg.
Par avance, le président du Parlement iranien, Ali Larijani, avait fermement appelé samedi le groupe de Vienne à ne pas exiger de garanties supplémentaires, sous peine de rendre caduc l'accord tripartite. De son côté, le vice-président du Parlement, Mohammad Reza Bahonar, avait averti le 20 mai que Téhéran dénoncerait l'accord si le Conseil de sécurité lui infligeait de nouvelles sanctions.
Malgré la nouvelle offre, les États-Unis sont parvenus la semaine dernière à convaincre la Chine et la Russie de soutenir un projet de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU prévoyant une quatrième série de sanctions contre l'Iran. Instigateur de l'accord avec Téhéran, le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, a estimé que la remise du document prouvait la bonne volonté de Téhéran dans ce dossier. Dans une déclaration, le ministère turc des Affaires étrangères a appelé pour sa part l'AIEA et les pays du Groupe de Vienne à donner une réponse positive à cet accord. De son côté, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a estimé que « l'accord de Téhéran », s'il est agréé par l'AIEA, peut constituer une importante mesure de confiance de nature à ouvrir la voie à une solution négociée du problème nucléaire iranien. Il a toutefois réitéré l'opinion selon laquelle Téhéran « devrait faire preuve de plus de transparence sur son programme nucléaire » et a souligné « l'importance d'une pleine coopération de l'Iran avec l'AIEA et d'une application totale des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité ».
Cependant, la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton a estimé hier que le projet de résolution à l'ONU contre l'Iran, accepté notamment par la Chine, envoie « un message clair » à Téhéran : « Respectez vos obligations ou affrontez un isolement croissant et les conséquences. » « La perspective d'un Iran doté de l'arme nucléaire nous inquiète tous. Et pour résoudre cette menace, ensemble nous avons mené une double approche : engagement et pression, visant à encourager la direction iranienne à changer de voie », a-t-elle souligné. « Puisque nous continuons de coopérer à New York, il incombe à l'Iran de démontrer par ses actions qu'il va être à la hauteur de ses responsabilités », a-t-elle ajouté.
L'Iran a notifié hier à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) l'accord irano-turco-brésilien sur un échange d'uranium, accord avec lequel Téhéran veut rassurer la communauté internationale sur son programme nucléaire. Car, malgré les dénégations du régime islamique, qui affirme que son programme nucléaire est purement civil et pacifique, les grandes puissances et l'ONU soupçonnent l'Iran de vouloir se doter de l'arme atomique.Des diplomates iraniens ont remis la lettre de notification de l'accord tripartite signée par le chef de l'Organisation de l'énergie atomique iranienne, Ali Akbar Salehi, au cours d'une réunion à la résidence du directeur général de l'AIEA, le...
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