Rechercher
Rechercher

Économie - Éclairage

La crise de l’euro met durement à l’épreuve le couple franco-allemand

En dépit de déclarations conciliantes et d'une unité de façade, la crise de la zone euro a provoqué des frictions à répétition entre la France et l'Allemagne, Paris reprochant à Berlin ses atermoiements et, plus profondément, des réflexes nationaux, selon des experts.
Après les hésitations à aider la Grèce, ce sont maintenant des mesures financières sans concertation qui agacent à Paris.
La ministre française de l'Économie Christine Lagarde n'a pas hésité à prendre hier le contrepied de l'Allemagne en affirmant, au contraire de la chancelière Angela Merkel, que l'euro n'était « absolument pas » en danger.
Elle a aussi critiqué l'interdiction allemande de la vente à découvert de certains produits financiers, qualifiée de « discutable, car il n'y a pas eu de discussion préalable ».
« Cela a l'air d'un coup de panique, sous pression » d'Angela Merkel, pour aider à faire passer le plan de sauvetage de la zone euro - un paquet de 750 milliards d'euros avec le soutien du FMI - auprès d'une classe politique et d'une opinion réticentes, note Henrik Uterwedde, vice-directeur de l'Institut franco-allemand de Ludwigsbourg.
Les considérations de politique intérieure sont loin d'être étrangères au raidissement allemand. La coalition des chrétiens-démocrates de Mme Merkel avec les libéraux est affaiblie par une débâcle électorale dans le Land clé de Rhénanie du Nord-Westphalie, estime-t-il.
Mais sur le fond, ce sont deux philosophies différentes qui s'expriment des deux côtés du Rhin, relèvent les experts, vis-à-vis de l'économie et de l'Europe : culte quasi religieux de la stabilité et de la solidité monétaire et budgétaire en Allemagne ; tradition d'interventionnisme de l'État et relance pour la croissance et l'emploi en France.
Depuis le début de la crise grecque, la première économie de la zone euro se retrouve en position d'accusée en Europe, après avoir été très lente à se rallier à l'idée d'un plan de sauvetage.
Les éditorialistes parlent d'un nouvel « égoïsme », notamment à l'égard des pays du sud de l'Europe, d'un pays qui avait toujours aidé à la recherche de solutions européennes, allant jusqu'à sacrifier le sacro-saint deutschemark sur l'autel de l'Europe.
Angela Merkel a donné l'image d'une dirigeante « débordée, hésitante, en zigzag », juge Henrik Uterwedde. « Chacun a ses contraintes politiques, son histoire », a rétorqué hier Pierre Lellouche, secrétaire d'État français aux Affaires européennes.
Pour Stephan Martens, professeur de civilisation allemande contemporaine à l'Université de Bordeaux, il y a eu « une volonté allemande de faire passer un message, celui de la stabilité » économique, qui doit se traduire par la rigueur budgétaire.
Selon lui, toute la « nouvelle génération » au pouvoir depuis l'époque de Gerhard Schröder aurait eu la même réaction (qu'Angela Merkel) et hésité longtemps (à soutenir le plan de sauvetage), « car avec l'euro, on touchait à quelque chose de sacré ».
Des tabous ont cependant été brisés pour l'Allemagne, comme l'intervention de la Banque centrale européenne (BCE) dans le soutien au dispositif mis en place, ou le sauvetage d'un pays de la zone euro. Et la crise a permis, selon les experts, que chacun fasse un pas vers l'autre.
Côté français, « on reconnaît que le retour à l'équilibre budgétaire est primordial », note Henrik Uterwedde. Et le président Nicolas Sarkozy a fait un geste important en direction de l'Allemagne en proposant hier de réformer la Constitution, afin que celle-ci oblige les gouvernements à la maîtrise des finances publiques.
De son côté, « l'Allemagne a pris la mesure qu'être par principe contre tout gouvernement économique, contre toute coordination économique, était aussi contre le souci allemand de préserver la stabilité », selon M. Uterwedde.
Après les hésitations à aider la Grèce, ce sont maintenant des mesures financières sans concertation qui agacent à Paris.La ministre française de l'Économie Christine Lagarde n'a pas hésité à prendre hier le contrepied de l'Allemagne en affirmant, au contraire de la chancelière Angela Merkel, que l'euro n'était « absolument pas » en danger.Elle a aussi critiqué l'interdiction allemande de la vente à découvert de certains produits financiers, qualifiée de « discutable, car il n'y a pas eu de discussion préalable ».« Cela a l'air d'un coup de panique, sous pression » d'Angela Merkel, pour aider à faire passer le plan de sauvetage de la zone...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut