La BCE en a accepté environ 10 %, à des taux de rémunération nettement inférieurs au plafond de 1 %. Le taux moyen pondéré est ainsi ressorti à 0,28 %.
L'afflux des offres montre que le circuit bancaire reste saturé de liquidités. L'opération reste toutefois intéressante pour les établissements, qui parquent leur « cash » excédentaire actuellement dans la facilité de dépôts au jour le jour rémunérés à 0,25 %. Plus de 200 milliards d'euros s'y sont accumulés, selon les dernières données fournies par la BCE.
L'institution a pris une mesure inédite dans son histoire en achetant des titres de dette de pays en grosse difficulté budgétaire, comme la Grèce mais aussi l'Espagne et le Portugal, afin de faire barrage à la spéculation et leur permettre d'emprunter sur le marché à des conditions supportables.
L'objectif de l'intervention consiste à rectifier un dysfonctionnement des marchés obligataires, a-t-elle précisé, mais pas de soutenir directement l'économie, comme l'ont fait la Réserve fédérale américaine ou la Banque d'Angleterre en créant de la monnaie pour acheter des titres de dette après la faillite de la banque d'affaires Lehman Brothers.
Une autre opération spéciale aura lieu la semaine prochaine, a déjà annoncé la BCE, qui ne donne aucun détail sur le montant total d'obligations qu'elle entend acquérir, ni leur nature ni leur provenance. Les économistes estiment qu'une série d'appels d'offres de ce style vont se succéder dans les semaines à venir.
« Le succès ou non de la BCE dépendra sans doute du montant qu'elle dépensera », a estimé Jennifer McKeown, de Capital Economics.
Mais « il faudra faire plus pour empêcher l'assainissement budgétaire à venir de déprimer l'économie (...) », estime l'experte, qui n'exclut pas que la BCE finisse par recourir à des mesures d'assouplissement quantitatif classique, en clair, qu'elle fasse fonctionner la planche à billet.
La Banque de Francfort (ouest de l'Allemagne) a annoncé parallèlement deux autres opérations de refinancement. Elle a prêté 104,7 milliards d'euros à 81 banques lors de son opération hebdomadaire principale, au taux fixe de 1 %. Les banques de pays en difficulté, Grèce en tête, sont considérées comme très dépendantes de cette manne hebdomadaire.
Depuis la semaine dernière, elle a aussi relancé ses opérations de prêts en dollar, en vertu d'un accord d'échange de devises (« swap ») avec la Réserve fédérale américaine, pour permettre aux banques européennes d'avoir une source d'approvisionnement sûre en billets verts.
L'ampleur de ces opérations reste néanmoins modeste pour l'instant : 1,03 milliard de dollars ont été prêtés à six banques hier au taux fixe de 1,24 %, selon un autre communiqué de la BCE. Récemment, sept banques avaient obtenu 9 milliards de dollars au taux fixe de 1,22 %.


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