Le représentant des anciens de l’université de Harvard, Habib Zoghbi, aux côtés du gouverneur de la BDL, Riad Salamé.
Au cours d'une rencontre-débat mardi avec une délégation des anciens de l'université de Harvard, présidée par Habib Zoghbi, le gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Riad Salamé, a estimé que le plus grand défi aujourd'hui pour le Liban était de maintenir un niveau de croissance élevé - un objectif qui ne pourrait être atteint sans l'application des réformes structurelles et la « modernisation des infrastructures, notamment dans les domaines de l'Énergie, des Télécommunications et du Transport ».
« Ce chantier est d'une importance capitale, d'autant que certains secteurs pèsent lourd aujourd'hui sur les finances publiques, comme en témoigne la facture de l'Électricité du Liban (EDL), qui représente à elle seule 3 à 4 % du produit intérieur brut (PIB) », a-t-il précisé à cet égard.
M. Salamé a en outre souligné la nécessité de capitaliser sur la stabilité politique dont bénéficie le Liban depuis la signature des accords de Doha, en mai 2008, ajoutant que la dette publique ne constituera pas de danger majeur tant que « les capitaux continueront à affluer vers le Liban ».
Il a toutefois mis en garde contre une dégradation plus accrue des finances publiques, faisant ainsi allusion de manière indirecte au déficit prévu dans le projet de budget 2010, qui devrait s'élever à quatre milliards de dollars, un plus haut historique.
« Plus l'État réussit à réduire son déficit, et plus il contribuera à une baisse du service de la dette ainsi qu'à une amélioration du climat de confiance », a-t-il souligné à ce sujet.
Le gouverneur de la BDL s'est attardé sur le rôle joué par la Banque centrale pour encourager les investissements et contribuer ainsi à l'essor économique, en incitant les banques locales à accorder un plus grand nombre de crédits. « Nous avons en effet eu recours à plusieurs mesures incitatives au cours des dernières années pour pousser les banques à accorder des prêts à moyen et long terme », a-t-il ainsi indiqué. Parmi ces mesures, figure notamment la baisse du taux des réserves obligatoires qui a permis à un grand nombre d'établissements d'abaisser leur taux d'intérêt sur les crédits au logement, ainsi que d'autres mesures à caractère social ayant encouragé l'introduction de nouveaux produits permettant de financer les études universitaires ou encore les projets d'environnement.
Par ailleurs, et au sujet des réserves en or du Liban, dont le montant global avait atteint 10,3 milliards de dollars fin mars, M. Salamé s'est prononcé contre toute vente totale ou partielle de ces réserves, les qualifiant de ressources essentielles pour le pays et de « pilier de stabilité auquel il ne faudrait en aucun cas toucher ».
Enfin, au sujet de la flambée des prix de l'immobilier, le gouverneur de la BDL a souligné que cette montée en flèche des prix était le résultat d'une demande très soutenue, ajoutant que les facilités de paiement accordées à l'heure actuelle permettaient d'aider les Libanais à acquérir un logement.


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