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Santé - Allergies

Comment domestiquer l’asthme, une maladie de printemps

D'une année à une autre, le printemps reste une saison associée à la sensibilisation aux problèmes de l'asthme. Les spécialistes ne cessent d'insister sur l'importance de se faire bien traiter pour éviter les complications de la maladie et avoir une meilleure qualité de vie.

Le Dr Mireille Sfeir : « Les gens ne sont pas aussi sensibilisés aux problèmes pulmonaires qu’aux problèmes cardiaques, ce qui les rend plus rebelles au traitement. »

Éternuements, toux, difficulté à la respiration, sifflements dans la poitrine... le printemps n'est certes pas un bon allié des asthmatiques, la maladie s'exacerbant en raison du changement climatique et de la pollution.
« Malheureusement, de nos jours nous ne trouvons plus d'enfants non allergiques, déplore le Dr Mireille Sfeir, pneumologue. Il y a encore quelques années, on ne pensait pas traiter une sinusite chez un enfant avant l'âge de 7 ans. Actuellement, on rencontre beaucoup d'enfants âgés d'un an et plus qui souffrent de sinusites d'origine allergique. Le tabagisme reste une cause importante de l'augmentation de ces cas. En effet, toute femme qui va fumer durant sa grossesse ou qui va être exposée à un environnement de tabagisme secondaire va augmenter le risque chez l'enfant qu'elle porte d'être asthmatique ou allergique. De même, la pollution atmosphérique et celle de l'environnement - caractérisée par le manque de verdure et la prolifération des bâtiments - contribuent à exacerber les crises d'asthme. Il en est de même du modernisme. Les moquettes, les climatiseurs, les peluches, les peintures, les odeurs des insecticides et des détergents... sont des facteurs qui vont stimuler la prédisposition génétique chez l'enfant à l'asthme. »
L'asthme est une maladie inflammatoire non infectieuse, qui se traduit par une gêne à la respiration, une dyspnée, une toux et des sifflements. La maladie est souvent réversible, soit d'une façon spontanée - ce qui est rare -, soit avec l'aide d'un traitement. L'asthme est dû à une inflammation de la paroi bronchique suite à une attaque par un allergène externe et se manifeste par un œdème de la paroi bronchique, une contraction des muscles lisses qui y sont situés et une hypersécrétion.
L'asthme peut se déclarer selon les saisons, suite à une infection virale ou bactérienne, à un reflux gastro-œsophagien, à un stress heureux ou triste, ou encore à des stimuli exogènes auxquels on peut s'exposer. Ces stimuli peuvent être spécifiques, un allergène pouvant être mis en cause comme les acariens, la pariétaire, pollen, etc., ou non spécifiques, lorsqu'il s'agit d'un asthme à l'effort. La crise d'asthme peut aussi être déclenchée suite à un fou rire, aux changements brutaux de température ou du taux de l'humidité, ou encore à un changement d'altitude rapide.
La maladie peut apparaître à n'importe quel âge, mais la prédisposition familiale en reste souvent le principal
déclencheur.

Le nez, première ligne de défense
Souvent l'asthme est déstabilisé par une rhinite allergique, « c'est-à-dire par un allergène qui va stimuler les voies aériennes supérieures, soit la région s'étalant entre le nez et les bronches ». « C'est la raison pour laquelle nous parlons aujourd'hui d'une première ligne de défense, qui sont les voies aériennes supérieures, d'où l'importance de traiter le nez pour prévenir ou guérir l'asthme, note le Dr Sfeir. Des études internationales menées en ce sens ont d'ailleurs conclu qu'un traitement préventif de la rhinite allergique diminue considérablement l'exacerbation de l'asthme et, par conséquent, la nécessité de recourir à un traitement lourd. »
« Une mauvaise respiration durant le sommeil peut se répercuter sur le comportement général de l'enfant qui peut être somnolent et irritable, qui n'arrive pas à se concentrer en classe, ou encore qui sera sujet à des infections à répétition, poursuit le Dr Sfeir. Donc, il est important de traiter de façon préventive toute personne qui présente une rhinite allergique, notamment saisonnière. Le traitement est d'autant plus important qu'il aide à stabiliser l'état du malade et lui permet de mieux supporter le changement climatique auquel il est allergique, sachant que dans un tiers des cas, l'asthme guérit avant l'adolescence chez un enfant bien traité. »
Le traitement préventif est également important chez un adulte qui souffre d'un asthme saisonnier, puisqu'il peut empêcher ou amorcer le déclenchement de la maladie et peut, avec le temps, en améliorer nettement les symptômes nocturnes ou diurnes du patient.

Bien traiter
Un simple rhume peut-il se transformer en une rhinite allergique ? « Oui, répond le Dr Sfeir. Le rhume est une atteinte virale et tout virus peut altérer la muqueuse qu'elle soit nasale ou bronchique et entraîner par conséquent une stimulation de l'asthme ou de la réaction allergique. C'est la raison pour laquelle nous, spécialistes, insistons sur la prévention, par des injections antigrippales au début des saisons ou par des injections antibactériennes, comme les pneumocoques, chez les personnes asthmatiques et allergiques. Il s'agit d'ailleurs d'une deuxième ligne de prévention de l'asthme. »
Et le Dr Sfeir d'ajouter : « Nous insistons beaucoup sur la sensibilisation, parce que les patients croient à tort que les bronchodilatateurs traitent l'asthme. Ce n'est pas vrai, puisqu'il s'agit en fait d'un traitement symptomatique. Mais la maladie doit être traitée par des anti-inflammatoires qui sont souvent de la famille des corticoïdes ou des antileucotriènes. Actuellement, on associe les bronchodilatateurs pour les crises aiguës à un traitement de fond formé soit de cortisone en inhalation, soit des antileucotriènes administrées par voie orale. Il faut noter, par ailleurs, que lorsqu'ils sont bien inhalés et pris aux doses voulues, les corticoïdes par voie d'inhalation ne vont pas entraîner les effets indésirables de la cortisone prise par voie orale ou par voie intraveineuse et qui peut causer un retard staturo-pondéral, une cataracte, une ostéoporose, une hypertension artérielle, un ulcère, une augmentation des infections, une obésité, une hyperpilosité, surtout chez les femmes... Le patient doit bien se nettoyer la bouche après la prise de ces corticoïdes oraux pour diminuer l'absorption au niveau de la langue et de la muqueuse buccale, et pour éviter les effets indésirables au fil des ans, puisqu'il s'agit d'un traitement qui doit se répéter d'une année à une autre, parce qu'il dépend de l'environnement, de plusieurs allergènes et de la discipline du patient au traitement. En fait, si celui-ci est pris régulièrement, on peut au fil des ans diminuer de son intensité et atteindre le jour où seulement de faibles doses du médicament sont nécessaires. Ce qui n'est pas le cas des patients qui entrecoupent leur traitement. »

Changement climatique
Le traitement préventif doit-il être pris toute l'année ou uniquement au changement des saisons ? « Cela dépend de la nature de la maladie, explique le Dr Sfeir. Si l'asthme persiste toute l'année et qu'il ne dépend pas des saisons, le traitement doit être pris d'une façon régulière. Si, par contre, il s'agit d'une rhinite allergique ou d'un asthme saisonnier, le traitement couvre la saison. En général, il est pris en automne et au printemps. »
Qu'en est-il du changement climatique ? « Il aura des répercussions sur les personnes asthmatiques, d'autant qu'il va changer leur environnement et altérer la qualité de l'air qu'elles respirent, souligne le Dr Sfeir. En fait, le nez joue trois rôles. Il filtre les particules qui sont dans l'atmosphère, il va réchauffer l'air pour le rendre plus accessible aux poumons et ne pas les irriter et il va humidifier cet air. Donc, avec les changement planétaires, l'environnement change et même si le nez fonctionne convenablement, il ne va pas pouvoir faire l'équilibre pour faire parvenir la bonne qualité d'air aux poumons. »
Le Dr Sfeir conseille par ailleurs aux personnes asthmatiques ou allergiques qui doivent se déplacer vers une région touchée par les poussières volcaniques de se référer à leur médecin, parce qu'il faudrait éventuellement augmenter les doses du traitement. « Il ne faut pas se laisser aller, insiste le Dr Sfeir, parce qu'un asthme qui n'est pas bien contrôlé ou traité peut avoir des conséquences graves, pouvant mener à la mort du patient. Le médecin a une part de responsabilité. Il doit prendre son temps pour expliquer la maladie au patient qui, lorsqu'il est sensibilisé, va finir par accepter de suivre ce traitement de longue durée. Malheureusement, l'opinion publique n'est pas aussi sensibilisée sur les problèmes pulmonaires comme sur les problèmes cardiaques, ce qui les rend plus rebelles au traitement. »
Éternuements, toux, difficulté à la respiration, sifflements dans la poitrine... le printemps n'est certes pas un bon allié des asthmatiques, la maladie s'exacerbant en raison du changement climatique et de la pollution.« Malheureusement, de nos jours nous ne trouvons plus d'enfants non allergiques, déplore le Dr Mireille Sfeir, pneumologue. Il y a encore quelques années, on ne pensait pas traiter une sinusite chez un enfant avant l'âge de 7 ans. Actuellement, on rencontre beaucoup d'enfants âgés d'un an et plus qui souffrent de sinusites d'origine allergique. Le tabagisme reste une cause importante de l'augmentation de ces cas. En effet, toute femme qui va fumer durant sa grossesse ou qui va être exposée à un environnement de tabagisme secondaire...
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