La rédaction du quotidien « El Pais » a maintenu sa version des faits.
Selon El Pais, proche des socialistes au pouvoir, M. Zapatero a évoqué, lors d'une réunion avec des cadres de son parti mercredi, la menace, type dissuasion nucléaire, qu'aurait agitée le président français pour convaincre la chancelière allemande Angel Merkel d'accepter le plan d'aide à la Grèce. M. Sarkozy a exigé vendredi dernier à Bruxelles « un engagement de tous, pour que tout le monde aide la Grèce, chacun selon ses moyens, ou bien la France réexaminera sa situation dans l'euro », selon El Pais, qui cite anonymement un participant à la réunion de Madrid. « Sarkozy a tapé du poing sur la table et menacé de se retirer de l'euro, ce qui a tordu le bras d'Angela Merkel », ajoute le journal, citant un autre responsable socialiste ayant écouté M. Zapatero. « La France, l'Italie et l'Espagne ont fait front commun face à l'Allemagne et Sarkozy en est arrivé à menacer Merkel de rompre le traditionnel axe franco-allemand », moteur de l'UE, poursuit le journal, citant un troisième responsable socialiste espagnol. À Paris, l'entourage du président Sarkozy a démenti dans l'après-midi à l'AFP ces informations, parlant de « rumeurs totalement infondées, comme vient de le confirmer le gouvernement espagnol ». Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bernard Valero s'en était auparavant remis aux propos de M. Sarkozy, qui avait notamment déclaré à Bruxelles après l'adoption du plan d'aide à la Grèce : « Durant toute cette crise (...), nous avons tout fait, Mme Merkel et moi, pour que l'axe franco-allemand soit un axe indestructible ». À Berlin, une porte-parole du gouvernement allemand a également démenti une information « dépourvue de tout fondement ». El Pais, interrogé par l'AFP à la suite de ces démentis, a indiqué que « la rédaction confirme le contenu de son article ». Les chefs d'État et de gouvernement de la zone euro ont entériné dans la douleur vendredi dernier à Bruxelles un mégaplan d'aide UE-FMI à la Grèce pour la sauver de la banqueroute, doté d'un paquet de 110 milliards d'euros de prêts sur trois ans. Au cours des semaines précédentes, la chancelière allemande avait fortement rechigné à accepter ce plan impopulaire auprès des contribuables allemands, las de payer pour les autres. Ces tergiversations ont entamé le crédit de Mme Merkel en Allemagne où ses détracteurs lui reprochent notamment d'avoir cédé le premier rôle en Europe à M. Sarkozy dans la gestion de la crise grecque.


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