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Économie - Développement

APE : l’UE tente de faire des émules avec l’Afrique de l’Ouest

Face aux réticences des pays africains à signer des « accords de partenariat économique » (APE) qui risqueraient de fragiliser leurs économies, l'UE a mis sur la table une offre chiffrée d'aide d'accompagnement à l'Afrique de l'Ouest, espérant faire des émules. Lancées en 2002, les négociations sur les APE piétinent. Ces accords sont censés remplacer le régime commercial préférentiel accordé par l'UE aux pays d'Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP), que l'OMC juge contraire aux règles du commerce international. Les APE prévoient l'ouverture progressive des marchés ACP aux produits européens. De nombreux pays et organisations ont rejeté ces APE qui nuiraient, selon eux, à leurs économies fragiles. À ce jour, un accord, celui avec les Caraïbes, est le seul APE « complet » à avoir été signé, relève-t-on à la Commission européenne. Il est en application provisoire en attendant la ratification des pays du Forum caribéen des États de l'ACP (Cariforum). Dans un texte adopté cette semaine à Bruxelles par les ministres européens des Affaires étrangères, l'UE estime pouvoir donner au moins 6,5 milliards d'euros dans les cinq ans à venir au programme de développement de l'APE (Paped) en cours de négociation avec la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cédéao). L'UE dit en outre « prévoir » que l'aide globale pour le commerce en faveur de l'Afrique de l'Ouest émanant de tous les bailleurs de fonds dépassera les 12 milliards de dollars pour la même période. Selon le commissaire au Développement, Andris Piebalgs, l'UE est « proche d'arriver à un accord équitable et équilibré » avec l'Afrique de l'Ouest. « C'est le principe Aid for trade (de l'aide pour les échanges) », commente un diplomate européen. En proposant un chiffre, l'UE espère faire aboutir la négociation avant la fin de l'année. En outre, les Européens espèrent « un effet tache d'huile » sur les négociations avec les autres États ACP qui rechignent encore à signer des APE avec l'Europe, souligne-t-il : « Si l'Afrique de l'Ouest signe, d'autres pourraient suivre... »
Reste que la proposition de l'UE reste encore assez éloignée des attentes de la Cédéao. La semaine dernière, lors d'une réunion à Bamako, les ministres des Finances et du Commerce de la Cédéao ont rappelé que leur organisation attendait « un engagement contraignant et concret de l'UE en faveur du Paped, soutenu par un plan de financement ». En lieu et place « d'engagement », les ministres européens préfèrent citer des estimations et des prévisions. Qui plus est, l'Afrique de l'Ouest réclame une contribution initiale de neuf milliards d'euros pour les cinq premières années. En échange, elle offre de libéraliser 70 % de son marché sur 25 ans et après un moratoire de cinq ans, tout en protégeant les 30 % restants en arguant du fait que 12 de ses États sont classés parmi les pays les moins développés de la planète, et tirent une grande partie de leurs revenus des tarifs douaniers.

Face aux réticences des pays africains à signer des « accords de partenariat économique » (APE) qui risqueraient de fragiliser leurs économies, l'UE a mis sur la table une offre chiffrée d'aide d'accompagnement à l'Afrique de l'Ouest, espérant faire des émules. Lancées en 2002, les négociations sur les APE piétinent. Ces accords sont censés remplacer le régime commercial préférentiel accordé par l'UE aux pays d'Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP), que l'OMC juge contraire aux règles du commerce international. Les APE prévoient l'ouverture progressive des marchés ACP aux produits européens. De nombreux pays et organisations ont rejeté ces APE qui nuiraient, selon...
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