Plusieurs délégations occidentales ont quitté la salle pendant le discours du président iranien Mahmoud Ahmadinejad, hier, à l’ONU.Chip East/Reuters
Pendant son intervention dans l'amphithéâtre de l'Assemblée générale de l'ONU, de nombreuses délégations ont quitté la salle, dont les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne, l'Allemagne, la Finlande, la République tchèque et le Maroc.
Ces déclarations n'ont pas manqué d'irriter la Maison-Blanche, qui les a qualifiées de « prévisibles » et d'« insensées ». Après le président iranien, c'était au tour de la secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, de prendre place à la tribune. Elle a rejeté les accusations « éculées, fausses et délirantes » du président iranien. Elle a ajouté que les États-Unis sont prêts à soutenir des « mesures concrètes » pour que le Proche-Orient devienne une zone sans armes nucléaires.
La secrétaire d'État a également averti que les États qui violeront les règles du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) paieront pour cela « le prix fort ».
L'arsenal américain dévoilé
Par ailleurs, le Pentagone a révélé que l'arsenal nucléaire américain était composé de 5 113 têtes nucléaires à fin septembre 2009. La composition détaillée de cet arsenal était jusqu'ici une information classée « secret ».
À l'ouverture de la conférence, à laquelle participent quelque 150 pays, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, avait exhorté les États dotés d'armes nucléaires à réaffirmer sans équivoque leur détermination à les éliminer, estimant que « ne pas le faire serait un pas en arrière ». Il a appelé les États non signataires du TNP, entré en vigueur en 1970, à y adhérer « le plus tôt possible » et souhaité en attendant l'adoption « de mesures pour assurer la sûreté et la sécurité des arsenaux et de la technologie de ces pays ».
Cette conférence quinquennale sur le TNP, qui vise à progresser en matière de désarmement et renforcer la surveillance des programmes nucléaires, survient alors que le Conseil de sécurité débat d'un projet occidental de nouvelles sanctions contre l'Iran. M. Ban a d'ailleurs appelé l'Iran à se conformer aux résolutions du Conseil qui exigent qu'il suspende l'enrichissement d'uranium et à coopérer avec l'AIEA pour rassurer le monde sur la nature pacifique de son programme. Il a exhorté Téhéran à accepter l'échange de combustible nucléaire proposé par l'AIEA en octobre.
Le chef de l'AIEA, Yukiya Amano, a affirmé, quant à lui, devant la conférence que son agence était incapable de confirmer que toutes les activités nucléaires iraniennes étaient pacifiques. Les Occidentaux accusent l'Iran de chercher à se doter secrètement de l'arme atomique, alors que Téhéran assure que son programme d'enrichissement d'uranium est uniquement civil.
La dernière révision quinquennale du TNP avait déjà été enflammée par des enjeux politiques immédiats et s'était conclue par un fiasco.


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