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Liban

Scud : Paris presse Damas de sécuriser sa frontière avec le Liban ; Peres parle de « preuves irréfutables » contre le Hezb

« La situation est dangereuse », a dit, hier, Bernard Kouchner. Jean-Christophe Verhaegen/AFP

Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a demandé hier à la Syrie de sécuriser sa frontière avec le Liban, en réponse à une question sur l'affaire de la livraison de missiles au Hezbollah, dénoncée par Israël et les États-Unis.
« La situation est grave, dangereuse. Il y a un surarmement, des missiles à courte portée, à moyenne portée, peut-être à longue portée, et cela nous préoccupe », a affirmé le ministre français, interrogé par la radio Europe 1 et le quotidien Le Parisien Aujourd'hui en France sur une livraison de missiles Scud au Hezb.
« Nous demandons aux Syriens de garantir la sécurité de cette frontière. Je ne dis pas que c'est une passoire car un certain nombre de choses ne sont pas prouvées. Mais c'est dangereux et cela renforce bien des extrémismes », a-t-il assuré.
Celui qui avait déclenché la controverse début avril, le président israélien Shimon Peres, a lancé de son côté de nouvelles accusations hier contre Damas, affirmant qu'« Israël possède des preuves irréfutables que des missiles de longue portée Scud ont été transférés par la Syrie au Hezbollah » et qu'« il n'y a aucun doute sur cela ». M. Peres s'exprimait durant un entretien avec la ministre danoise des Affaires étrangères, Lene Espersen. « La Syrie doit cesser d'agir d'une façon et de s'exprimer d'une autre. Son soutien au terrorisme ne doit plus être dissimulé », a-t-il noté, avant de s'en prendre également à l'Iran et à la Corée du Nord, qu'il a qualifiés de zone de « non-droit ».
En réponse aux accusations faites ces derniers jours par Washington sur la livraison présumée de missiles par Damas au Hezbollah, le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Moallem a évoqué pour sa part une « campagne de calomnies américaine ».
Le secrétaire américain à la Défense Robert Gates avait accusé l'Iran et la Syrie de fournir au Hezbollah roquettes et missiles « aux capacités de plus en plus importantes » sans parler spécifiquement de Scud, des accusations démenties par la Syrie.
« Le monde entier reconnaît le rôle constructif joué par la Syrie pour préserver la sécurité et la stabilité dans la région et l'opinion publique se rappelle encore la campagne de calomnies américaine lancée avant la guerre en Irak », a affirmé M. Moallem dans des déclarations reprises par l'agence officielle syrienne SANA.
« Il semble que l'administration américaine actuelle tente de jouer le même scénario », a-t-il ajouté en réaction aux déclarations de la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton.

Nasrallah et Kassem
Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a affirmé samedi que son mouvement avait le « droit » d'acquérir tout armement dont il a besoin, mais a refusé de confirmer ou de démentir les accusations israéliennes sur sa détention de missiles Scud.
« L'affaire des Scud a éclaté il y a peu de temps et l'on en a fait grand bruit », a déclaré dans un communiqué Nasrallah, dans sa première réaction publique à cette affaire.
« Nous ne sommes pas tenus de confirmer ou de démentir si nous avons reçu des armes ou pas, alors nous n'allons pas commenter » les informations à ce sujet, a-t-il dit devant un comité chargé d'assurer les soutiens financier, logistique et sécuritaire au Hezbollah. « C'est notre position », a-t-il ajouté.
Selon Hassan Nasrallah, « il est du droit légitime et moral du Hezbollah de posséder n'importe quelle arme, car celle-ci sert à protéger les gens opprimés et menacés par la présence cancéreuse d'Israël ».
Il a néanmoins rejeté l'hypothèse d'un éventuel nouveau conflit armé. « Quand Gates dit que le Hezbollah a beaucoup plus d'armes que la plupart des gouvernements au monde, que cela soit vrai ou faux, je ne le commenterai pas. (Mais) je ne crois pas que tout ce bruit sur des missiles est un prélude à une guerre. Nous ne sommes pas dans un climat de guerre », a-t-il indiqué.
À son tour, le vice-secrétaire général du Hezbollah, cheikh Naïm Kassem, a mis l'accent sur « le droit de la résistance à s'armer sur base de la confrontation avec Israël et contre l'occupation », en réponse aux accusations de Robert Gates. Dans un entretien à paraître aujourd'hui dans le quotidien émirati Golf News, Kassem a refusé de confirmer ou d'infirmer les informations des rapports américains selon lesquels le Hezb aurait reçu de Syrie un dispositif russe de missiles sophistiqué à même d'entraîner un basculement dans les rapports de force avec Israël. « Lorsque le Hezbollah s'arme, c'est de sa position de résistant, et il s'agit d'un droit légitime et naturel, tandis qu'Israël, lui, est dans la position de l'agresseur », a-t-il noté.
« La résistance ne parle ni de ses armes, ni du nombre de ses membres, ni de ses plans. Elle prend toutes les dispositions nécessaires et opportunes dans le secret le plus total. Nous avons pris l'habitude depuis longtemps de ne pas commenter les questions relatives aux armes. Les cercles des services de renseignements israéliens évoquent souvent des informations au sujet de transferts d'armes au Hezbollah d'un certain type ou d'un autre. Nous ne confirmons ni n'infirmons cela, parce qu'il s'agit de secrets pour nous. Par ailleurs, cela ne regarde personne : il est de notre droit de nous armer pour renforcer notre résistance face à l'occupation et aux dangers. Il s'agit de notre droit à la légitime défense », a indiqué cheikh Kassem. Et d'ajouter : « Ces déclarations américaines visent à détourner les regards du problème véritable, qui est Israël, lequel sent que la pression sur lui augmente au sujet de son arsenal nucléaire. Il s'agit de camoufler l'impasse israélienne, et, au-delà, l'impasse américaine. Nous sommes face à une crise israélo-américaine, que ce soit au niveau des conflits entre ces deux pays et leurs priorités respectives, ou encore de la non-capacité des États-Unis à proposer la moindre solution où que ce soit. Jusqu'à présent, Obama n'a pas réussi à réaliser la moindre réussite politique au Moyen-Orient, malgré toute la dynamique qu'il a initiée et ses déclarations optimistes. »
« Il n'y aura pas de guerre israélienne prochainement contre le Liban. Cela est dû à l'incapacité israélienne et non à sa volonté de ne pas se lancer dans une guerre. Dissuader la résistance n'est pas une mince affaire, et l'équilibre de la dissuasion est l'élément le plus important qui fait qu'il n'y aura pas de guerre. Mais nous sommes prêts à une confrontation à tout instant, même si, d'après notre analyse de la situation, nous pensons qu'il n'y aura pas de guerre », a-t-il conclu.
Dans le même sens, le ministre Mohammad Fneich a estimé que le but des menaces israéliennes est de créer un boucan médiatique dans l'objectif d'influer sur la volonté des Libanais, précisant que « la résistance n'a peur d'aucune attaque ».
Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a demandé hier à la Syrie de sécuriser sa frontière avec le Liban, en réponse à une question sur l'affaire de la livraison de missiles au Hezbollah, dénoncée par Israël et les États-Unis.« La situation est grave, dangereuse. Il y a un...
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