Des enquêteurs yéménites inspectent le lieu de l’attentat manqué contre l’ambassadeur britannique à Sanaa.Khaled Abdullah/Reuters
Selon des sources de sécurité yéménites, un kamikaze portant une ceinture d'explosifs s'est lancé contre le convoi de l'ambassadeur, Timothy Torlot, alors qu'il se trouvait à 600 mètres du bâtiment de la chancellerie. L'ambassadeur s'en est sorti indemne et seul le kamikaze a été tué, selon les mêmes sources. Le kamikaze a été identifié comme étant Othmane Ali Nooman al-Salawi, originaire de Taëz, au sud de Sanaa, a indiqué un porte-parole du ministère de l'Intérieur. « Le terroriste Salawi a suivi une formation dans la province de Marib », l'un des fiefs d'el-Qaëda, a ajouté le porte-parole, indiquant que trois passants, dont une femme, avaient été légèrement blessés et hospitalisés. Le corps du kamikaze a été déchiqueté par l'explosion. Sa tête a roulé dans une maison voisine par une porte- fenêtre, selon le correspondant de l'AFP sur place. Un véhicule de la police yéménite qui escortait le convoi, formé de deux voitures diplomatiques, a été touché par l'explosion, et son pare-brise a volé en éclats, a précisé le correspondant. Des témoins ont indiqué à l'AFP avoir vu le kamikaze descendre d'une voiture noire aux vitres teintées cinq minutes avant l'attentat qui s'est produit dans le quartier de Noqom, près de l'hôtel Mövenpick, fréquenté par des Occidentaux.
À Londres, une porte-parole du Foreign Office a indiqué que les autorités britanniques travaillent « de manière urgente » avec leurs homologues yéménites dans l'enquête.
Cet attentat intervient alors que les forces de sécurité yéménites traquent activement avec le soutien des États-Unis le réseau el-Qaëda, et ont multiplié depuis décembre les raids aériens sur les repaires présumés des membres du réseau, notamment dans l'est du pays. Le 17 avril, les autorités avaient annoncé que les mesures de sécurité avaient été renforcées autour des ambassades étrangères et des installations vitales au Yémen de crainte d'attentats. Début janvier, les ambassades des États-Unis, de Grande-Bretagne et de France avaient déjà fermé en raison de menaces d'attentats d'el-Qaëda, quelques jours après la revendication par le réseau de l'attentat manqué de Noël contre un avion de ligne américain faisant le trajet Amsterdam-Detroit. En décembre 2009, Sanaa avait indiqué avoir déjoué un attentat-suicide d'el-Qaëda contre l'ambassade britannique. L'ambassade américaine avait pour sa part été la cible d'un double attentat à la voiture piégée le 17 septembre 2008, qui avait fait 16 morts.


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