Obama recevait hier à Washington des entrepreneurs de quelque 50 pays musulmans pour parler de développement économique. Yuri Gripas/Reuters
La Maison-Blanche espère que ce sommet de deux jours contribuera à approfondir les relations en allant au-delà des discussions sur le terrorisme et les conflits, qui ont dominé les échanges diplomatiques entre les États-Unis et le monde musulman depuis plusieurs décennies.
En ouvrant cette réunion, le secrétaire américain au Commerce, Gary Locke, a souligné que le soutien au développement économique des pays musulmans serait bénéfique à cette partie du monde, mais aussi à l'économie et à la sécurité des États-Unis.
« Plus d'un milliard de personnes vivent aujourd'hui dans un pays à majorité musulmane, et elles représentent un énorme potentiel sous-utilisé dans l'économie mondiale », a-t-il souligné devant les délégués, à qui il a lancé : « Il est tout à fait dans l'intérêt de l'Amérique, et aussi du reste du monde, que vous réussissiez. »
« Ce n'est pas seulement un exercice de relations publiques ou de diplomatie, avait souligné avant le sommet Ben Rhodes, l'un des principaux conseillers de M. Obama en matière de sécurité nationale. Pour nous, il s'agit de la première pierre à l'édification de partenariats tangibles dans un domaine crucial. »
Le président américain avait promis d'organiser ce sommet lors de son discours du Caire en juin dernier, au cours duquel il avait plaidé pour un « nouveau départ » dans les relations entre le monde musulman et l'Amérique.
« Nous ne considérons pas qu'il s'agit d'un substitut à nos efforts concernant la paix au Proche-Orient, la lutte contre le terrorisme ou l'Iran, mais que c'est le moyen d'établir des relations plus complètes », avait expliqué un autre responsable de l'administration américaine avant le sommet.
Environ 250 entrepreneurs devaient participer à l'événement, venus de l'ensemble du monde islamique, où l'image de l'Amérique a été ternie par les guerres d'Irak et d'Afghanistan, le scandale des sévices contre des prisonniers d'Abou Ghraib ou encore le camp de Guantanamo.
M. Obama devait y évoquer les moyens d'améliorer l'accès au capital, le financement de l'innovation technologique ainsi que des programmes d'échanges.
Parmi les invités figurent aussi bien de tous jeunes chefs d'entreprise que des personnalités plus connues, comme l'économiste bangladais Muhammad Yunus, lauréat du prix Nobel pour ses travaux sur le microcrédit.
Les États-Unis devraient notamment profiter du sommet pour accorder des financements à certaines entreprises choisies dans le cadre de leur Fonds pour la technologie globale et l'innovation, destiné à soutenir les investissements dans le monde musulman. De très nombreuses entreprises ont posé leur candidature, ce que l'administration américaine considère comme un signe de l'amélioration des relations.
Les sondages montrent qu'en dépit de la bonne cote de popularité dont jouit M. Obama dans le monde depuis sa prise de fonctions en janvier 2009, les États-Unis suscitent toujours la méfiance dans le monde musulman. Un récent sondage du BBC World Service portant sur 28 pays montre ainsi que les opinions turque et pakistanaise considèrent à une large majorité que les États-Unis ont une mauvaise influence dans le monde. Changer cette image « est quelque chose qui prendra du temps », a reconnu le responsable américain interrogé.


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