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Économie - Crise Budgétaire

La Grèce se résout à demander l’aide de l’UE et du FMI

L'Europe semble décidée à lancer rapidement le programme d'aide à Athènes, mais la chancelière allemande pose ses conditions.

Le Premier ministre grec annonçant sa décision. AFP Photo / Eurokinissi / Tatiana Bolari / Greece Out

La Grèce, accablée par une dette record, s'est résolue hier à demander à l'Union européenne et au FMI de lui prêter d'urgence 45 milliards d'euros, mais l'Allemagne, qui serait le principal contributeur, continue à poser des conditions à son versement.
Le Premier ministre, George Papandréou, a expliqué que son pays avait été poussé à cette extrémité par les « choix criminels du précédent gouvernement » qui a laissé le pays dans l'état d'un « bateau prêt à sombrer ».
« Nos partenaires feront le nécessaire pour nous offrir un port abrité où nous pourrons remettre notre navire à flot (...) et pour envoyer le message aux marchés que l'Union européenne protège l'euro », a-t-il déclaré sur l'île de Kastelorizo, dans un discours solennel retransmis par les télévisions grecques.
Mais l'Allemagne, réticente dès le début à cette aide, a immédiatement posé ses conditions : le plan d'aide à la Grèce sera activé seulement si « la stabilité de l'euro dans son ensemble » est menacée et si Athènes présentait un « plan d'économies crédible », a déclaré la chancelière Angela Merkel. L'Allemagne craint en effet que l'UE, en aidant la Grèce, dont la dette frôle les 300 milliards d'euros (125 % du PIB), n'encourage les pays dont la gestion des finances publiques a été laxiste à laisser filer leurs déficits.
Le président de la Banque centrale allemande, Axel Weber, a ainsi mis en garde contre un « risque de contagion » de la crise de la dette grecque aux pays de la zone euro qui ont « toujours des déficits publics trop élevés », comme c'est le cas du Portugal ou de l'Irlande.
Mais les autres partenaires, à l'instar de la France et de l'Espagne, se sont au contraire félicités de l'initiative grecque.
Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, s'est quant à lui engagé à répondre « rapidement » à la demande de la Grèce. Il doit s'entretenir aujourd'hui avec le ministre grec des Finances, George Papaconstantinou, tandis qu'une mission commune FMI/UE discute depuis mercredi à Athènes des modalités du soutien.
Quant à l'Union européenne, elle a, par la voix du porte-parole de la commission pour les Affaires économiques, assuré que « tout allait se passer d'une façon rapide et efficace ». Un optimisme partagé par M. Papaconstantinou, qui a estimé que l'aide pourrait être versée dans « quelques jours ». La procédure prévoit pourtant que la demande soit approuvée par tous les ministres des Finances de la zone euro puis par les Parlements de certains pays, dont l'Allemagne.
La demande de la Grèce d'activer l'aide a provoqué un bref apaisement sur les marchés, mais l'euro a rechuté de plus belle tandis que la Bourse d'Athènes était en recul de 1,23 % en fin d'après-midi après avoir ouvert en forte hausse.
L'aide promise, soit a priori 30 milliards de l'UE, à un taux d'environ 5 %, et 15 milliards du FMI, couvrira largement les besoins de financement de la Grèce pour 2010, estimés à 30 milliards. Mais aucun montant n'a été annoncé pour les années 2011 et 2012, alors que ce soutien est censé s'étaler sur trois ans.
Sans surprise, le chef de l'opposition de droite en Grèce, Antonis Samaras, a accusé M. Papandréou de se défausser de ses responsabilités en faisant appel au FMI, dont l'intervention fait redouter aux Grecs de nouveaux sacrifices.
Mais le patronat y a vu l'occasion pour la Grèce de « devenir un véritable pays européen ». À l'opposé, le Parti communiste grec a fustigé une décision qui va « servir les intérêts de la ploutocratie grecque ».
La Grèce, accablée par une dette record, s'est résolue hier à demander à l'Union européenne et au FMI de lui prêter d'urgence 45 milliards d'euros, mais l'Allemagne, qui serait le principal contributeur, continue à poser des conditions à son versement.Le Premier ministre, George Papandréou, a expliqué que son pays avait été poussé à cette extrémité par les « choix criminels du précédent gouvernement » qui a laissé le pays dans l'état d'un « bateau prêt à sombrer ».« Nos partenaires feront le nécessaire pour nous offrir un port abrité où nous pourrons remettre notre navire à flot (...) et pour envoyer...
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