Les « chemises rouges » avaient appelé à une grande journée d'action contre le Premier ministre Abhisit Vejjajiva, mais n'étaient que 6 500 à la mi-journée, alors que le pouvoir ne cesse de durcir le ton, dix jours après des affrontements ayant fait 25 morts et plus de 800 blessés. Lundi matin, des milliers de policiers antiémeute et de soldats, dont beaucoup armés de fusils d'assaut, avaient pris position pour protéger le quartier de Silom, centre financier de la capitale, et empêcher les manifestants de perturber plus encore l'activité économique. « Les forces de sécurité commenceront avec des gaz lacrymogènes et s'ils ne peuvent stopper les manifestants, les soldats prendront des actions décisives avec des balles réelles », a indiqué hier le porte-parole de l'armée, le colonel Sunsern Kaewkumnerd. « Nous avons des informations venant du terrain selon lesquelles des "terroristes"? sont armés de grenades à main, de cocktails Molotov et d'acide », a-t-il ajouté.
Peu après, les « rouges » ont annoncé faire machine arrière, préférant renforcer leurs positions plutôt que de manifester. « Les "chemises rouges"? ne marcheront pas sur Silom parce que le gouvernement a déjà envoyé des dizaines de milliers de soldats armés », a indiqué Nattawut Saikuar. « Avant la grande bataille, nous devons renforcer notre camp car les militaires vont bientôt nous attaquer. »
Des cannes de bambou ont été distribuées aux manifestants, comme arme de frappe et pour bâtir des barricades, et des pavés ont été amassés en prévision de possibles affrontements, ont constaté des journalistes de l'AFP. « Si les autorités veulent nous disperser par la force, elles peuvent venir dès maintenant », a ajouté Nattawut.
Le vice-Premier ministre Suthep Thaugsuban, qui s'est vu délester le week-end dernier de la responsabilité du maintien de l'ordre au profit du chef de l'armée Anupong Paojinda, a pour sa part confirmé qu'une reprise en main de la zone était prévue.
Les « rouges » occupent deux grands axes en croix, de plus de deux kilomètres chacun, où sont établis hôtels de luxe et centres commerciaux. Certains d'entre eux ont fermé, provoquant des pertes financières colossales qui exaspèrent les grands acteurs financiers du pays. Politiquement, la situation est au point mort.


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