La joie des retrouvailles dans l’aéroport d’Amsterdam, hier, avec la reprise des vols, suspendus depuis plusieurs jours en raison du nuage de cendres du volcan islandais Eyjafjll. Reuters / Toussaint Kluiters
La moitié des vols prévus normalement dans la journée de mardi en Europe devaient être effectués, une nette amélioration par rapport à la situation des derniers jours, selon l'Organisation européenne de la navigation aérienne (Eurocontrol), au septième jour de l'éruption d'un volcan en Islande qui a provoqué un chaos et des pertes sans précédent pour les compagnies aériennes.
Cette reprise partielle des vols a permis d'acheminer hier de premiers milliers de chanceux parmi les millions de voyageurs bloqués à travers le monde dans l'attente de la reprise des vols vers l'Europe. Mais la situation se débloquait de manière très inégale selon les pays. En France, une partie des voyageurs en provenance de New York qui attendaient un vol depuis plusieurs jours sont ainsi arrivés hier à Roissy, l'un des deux aéroports parisiens, sur un Airbus A380 d'Air France. « C'est un peu la folie à New York. Il y a 200 personnes sur la liste d'attente. Je pensais être encore bloquée une semaine », a déclaré Catherine Collins, soulagée d'être sortie de cet « enfer ». Il lui aura toutefois fallu acheter pour cela un billet en classe économique à... 2 000 dollars.
Les premiers avions ont décollé hier tôt le matin des aéroports parisiens, qui devraient assurer au total 30 % des vols nationaux et internationaux habituels, selon le gouvernement.
Le trafic aérien a repris très progressivement hier matin en Écosse et dans le nord de l'Angleterre, mais British Airways a annoncé qu'elle annulait tous ses vols court et moyen-courriers. En revanche, Air China, la deuxième compagnie nationale chinoise, a annoncé la reprise dans la journée de ses vols vers Moscou, Stockholm et Rome. Le trafic aérien a également repris partiellement en Belgique et en Italie, et la situation se normalisait lentement en Suisse. La Hongrie, la Slovaquie et la Norvège ont confirmé la réouverture au moins temporaire de leur espace aérien. Les aéroports finlandais en revanche sont restés fermés jusqu'à 06h00 GMT mercredi. L'aéroport suédois de Stockholm devait fermer à 18h00 GMT. Au Danemark, l'aéroport de Copenhague devait rouvrir aujourd'hui matin, mais dans le sud du Groenland, l'espace aérien a été fermé pour les vols en dessous de 6 000 mètres d'altitude. La Lufthansa prévoyait d'assurer « environ 200 vols », soit moins de 15 % de son trafic mondial habituel. Sa concurrente, Air Berlin, a indiqué qu'elle revenait à un « trafic normal sur ses lignes ». La fermeture de l'espace aérien allemand a été néanmoins prolongée.
Les ministres des Transports européens s'étaient mis d'accord lundi soir pour assouplir les restrictions de vol imposées depuis le 15 avril dans une grande partie de l'Europe.
Le manque à gagner engendré par les perturbations se compte au total en centaines de millions de dollars, selon plusieurs sociétés et autorités. La banque britannique Royal Bank of Scotland (RBS) a estimé hier à 500 millions d'euros par jour la perte de productivité liée aux millions de salariés empêchés de se rendre à leur travail. La compagnie aérienne Emirates Airlines de Dubaï a annoncé des pertes de 65 millions de dollars. Selon le gouvernement français, les perturbations ont déjà coûté 200 millions d'euros au tourisme en France. De son côté, l'Association des compagnies aériennes européennes, qui regroupe 36 compagnies, a réclamé une aide pour aider les transporteurs à faire face aux annulations de vols, 95 000 en Europe selon Eurocontrol.
En Islande, les météorologues se voulaient rassurants, soulignant qu'aucun signe d'intensification de l'activité du volcan n'avait été enregistré et que le panache de cendres avait nettement diminué. Un changement de direction du vent poussera en fin de semaine le nuage vers l'Arctique, a déclaré hier l'Organisation météorologique mondiale.
La durée de l'éruption reste imprévisible. Selon le vulcanologue français Patrick Allard, le scénario le plus probable est une éruption « qui durerait plusieurs mois, en alternant des phases plus calmes et plus explosives ».


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