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Moyen Orient et Monde - Aviation

Le ciel européen s’ouvre progressivement, les passagers bloqués sont soulagés

Le volcan islandais montre des signes d'accalmie relative ; soulagement pour les millions de passagers bloqués à travers le monde.

Les vols reprendront progressivement aujourd’hui en Europe. Certains pays ont commencé à rouvrir leur espace aérien dès hier après-midi.Éric Cabanis/AFP

Les vols vont reprendre progressivement en Europe dès aujourd'hui au grand soulagement des millions de passagers bloqués à cause du nuage de cendres volcaniques venu d'Islande, qui a provoqué un chaos sans précédent et des pertes historiques pour les compagnies aériennes.
Les ministres des Transports européens se sont mis d'accord hier soir pour assouplir les restrictions de vol imposées depuis jeudi dernier dans une grande partie de l'Europe, a annoncé la présidence espagnole de l'Union européenne. L'UE a décidé d'établir trois zones géographiques : l'une proche du centre des émissions de cendre du volcan islandais, dans laquelle les restrictions aux trafic demeureront « absolues », une seconde où elles seront assouplies, et une troisième « ne nécessitant aucune restriction d'aucun type », a expliqué le ministre espagnol des Transports, José Blanco. Ainsi, l'espace aérien britannique va être progressivement rouvert à compter de ce matin. La France quant à elle va mettre en place des « corridors aériens » entre Paris et les aéroports du Sud et rouvrir progressivement les aéroports fermés. Les pays nordiques et plusieurs pays d'Europe centrale ont commencé à rouvrir leur espace aérien dès hier après-midi.
Cette reprise progressive du trafic aérien constituera un soulagement pour les millions de passagers cloués au sol depuis plusieurs jours. À Dubaï, Tokyo ou New Delhi, les mêmes scènes se répétaient à l'infini. « Je n'ai plus d'argent et je vais passer mon cinquantième anniversaire sur cette chaise », confiait ainsi avant de s'effondrer Barbara Cekam, une Allemande en rade depuis 3 jours à l'aéroport de la capitale indienne. En pleine campagne électorale, le gouvernement du travailliste Gordon Brown s'est particulièrement mobilisé pour rapatrier les 150 000 ressortissants britanniques en rade, en appelant même à la rescousse des navires de guerre de la Royal Navy. Lufthansa a annoncé qu'elle allait rapatrier 15 000 passagers vers l'Allemagne. Nombre de compagnies ferroviaires ont ajouté des trains sur leurs lignes. Autocars, voitures de location et bateaux sont pris d'assaut. Les chauffeurs de taxi multiplient quant à eux les longues courses. Plus de 6,8 millions de passagers ont été cloués au sol dans 313 aéroports, selon Airports Council International (ACI), la plus importante organisation professionnelle des aéroports. Des milliers de personnes dorment dans des aéroports.
Les seuls ravis de cet événement sans précédent semblaient les riverains d'aéroports qui ont goûté avec un rare plaisir des journées de printemps exceptionnellement calmes, épargnés de l'habituel vacarme des réacteurs d'avions.
Le secteur aérien a poussé avec vigueur de son côté pour assouplir les restrictions de vol, excessives à leurs yeux. L'Association internationale du transport aérien (IATA) a fustigé la gestion de la crise par les gouvernements et l'UE, évoquant « une pagaille européenne » qui coûte environ 150 millions d'euros par jour au secteur. « L'ampleur de cette crise est désormais plus importante que le 11-Septembre », a indiqué le directeur de cette association, Giovanni Bisignani. Pour sa part, l'Union européenne s'est dit prête à autoriser les États à verser des aides exceptionnelles aux compagnies aériennes. En outre, pour l'ensemble de l'économie allemande, le préjudice est d'environ un milliard d'euros par jour, selon le chef économiste de la Chambre de commerce et d'industrie allemande (DIHK), Volker Treier.
Le volcan islandais Eyjafjöll a émis beaucoup moins de cendres ces dernières heures, un signe d'accalmie qui permet d'espérer la fin prochaine de la paralysie aérienne en Europe, estimaient hier les scientifiques. « Actuellement, l'éruption a diminué nettement », a déclaré à l'AFP une sismologue au département de géophysique de l'Université d'Islande, Bryndis Brandsdottir. « Le volume de cendres (rejeté) a beaucoup baissé » et la colonne ne dépasse plus les 3 000 m, a-t-elle dit. Au plus fort de l'éruption, mercredi dernier à son commencement, la cendre s'était élevée jusqu'à 9 000 m dans les airs. Les scientifiques ont prévenu que de nouvelles éruptions, plus violentes, pouvaient se produire une fois que l'actuelle serait terminée. Ils craignent en outre que cette activité volcanique enregistrée toutes ces dernières semaines ne réveille le volcan voisin Katla, considéré comme bien plus dangereux et qui sommeille depuis 1918.
Des voix se sont élevées pour mettre en cause un excès de zèle des autorités au nom du « principe de précaution », comme lors de la pandémie de grippe. Mais les autorités ont rejeté ce grief, en soulignant qu'en cas d'accident elles auraient été accusées a contrario de n'avoir rien fait. « Je pense qu'en matière de sécurité aérienne (...) on ne prend jamais assez de précautions », a déclaré le ministre français des Transports, Dominique Bussereau. Un responsable américain a abondé dans ce sens en révélant hier qu'un incident était survenu avec un chasseur bombardier F-16 de l'OTAN, dont les moteurs ont commencé à être « vitrifiés » par le nuage de cendres.
Les vols vont reprendre progressivement en Europe dès aujourd'hui au grand soulagement des millions de passagers bloqués à cause du nuage de cendres volcaniques venu d'Islande, qui a provoqué un chaos sans précédent et des pertes historiques pour les compagnies aériennes.Les ministres des Transports européens se sont mis d'accord hier soir pour assouplir les restrictions de vol imposées depuis jeudi dernier dans une grande partie de l'Europe, a annoncé la présidence espagnole de l'Union européenne. L'UE a décidé d'établir trois zones géographiques : l'une proche du centre des émissions de cendre du volcan islandais, dans laquelle les restrictions aux trafic demeureront « absolues », une seconde...
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