Plus de 16 millions d'électeurs étaient appelés la semaine dernière à choisir le président, leurs députés et les gouverneurs des États. Au Sud-Soudan, les électeurs votaient aussi pour leurs représentants au gouvernement semi-autonome de la région. Citant des problèmes logistiques et des cas d'intimidation, les observateurs de l'Union européenne et de la Fondation Carter ont jugé que ces élections ne répondaient pas aux « normes internationales ». L'ancien président américain Jimmy Carter a affirmé que de nombreuses libertés avaient « été restreintes durant une grande partie de la période (électorale), renforçant la méfiance des partis politiques », dont certains ont boycotté le scrutin. L'UE disposait de 130 observateurs à travers le Soudan, ce qui en fait la plus importante mission d'observation devant la Fondation Carter, qui a néanmoins suivi le processus de plus longue date. « Il y a eu plus d'irrégularités au Sud-Soudan », a affirmé de son côté Véronique de Keyser, soulignant la « faiblesse de l'organisation » à l'origine de nombreux retards dans l'ouverture des bureaux de vote, de l'acheminement de bulletins dans de mauvais centres de vote - ou encore leur pénurie - et des problèmes de sécurité.
« Les conclusions des observateurs internationaux ne sont pas une surprise parce que les cas de corruption et de fraudes étaient évidents », écrit Ajras al-Hurriya, quotidien réputé proche des ex-rebelles sudistes. La majeure partie de l'opposition et des ex-rebelles sudistes avait critiqué le scrutin accusant le parti du président Béchir de bourrer les urnes. « La communauté internationale, les États de l'Union européenne, les États-Unis et les membres du Conseil de sécurité (dont la Chine, allié stratégique du Soudan) ne devraient pas reconnaître ces élections ou leur donner de la crédibilité », estime Ajras al-Hurriya.
Le quotidien indépendant as-Sudani s'en prend quant à lui à la commission électorale : « Il est impossible que des candidats obtiennent moins de votes que le nombre de personnes dans leurs familles », dans un pays où la solidarité familiale est si importante. Cela est la preuve que le scrutin « n'est pas juste ».
Pour la Ligue arabe, ces élections sont un « exemple » à suivre pour les autres pays africains et arabes, malgré les « carences » ayant empêché de satisfaire aux normes internationales, a estimé hier le principal responsable de la mission d'observation de la Ligue arabe.


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