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Moyen Orient et Monde - Scrutin

Une partie de la presse soudanaise juge les élections « frauduleuses »

L'opposition appelle la communauté internationale à ne pas reconnaître le vote.
La presse indépendante et d'opposition au Soudan a violemment critiqué hier les élections nationales, les qualifiant de « frauduleuses ». « Ces élections ne peuvent mener qu'à des résultats frauduleux », écrit le journal Raï ash-Shaab, réputé proche de l'opposant islamiste Hassan al-Tourabi, ancienne éminence grise du pouvoir. Les premières élections multipartites depuis 1986 devaient mener à une « transformation démocratique » au Soudan, dirigé par Omar el-Béchir depuis le coup d'État militaire de 1989. Mais le scrutin « va préserver la configuration politique héritée de l'accord de paix » Nord-Sud de 2005, maintenant la domination du parti de M. Béchir au Nord et des ex-rebelles sudistes au Sud, regrette le quotidien.
Plus de 16 millions d'électeurs étaient appelés la semaine dernière à choisir le président, leurs députés et les gouverneurs des États. Au Sud-Soudan, les électeurs votaient aussi pour leurs représentants au gouvernement semi-autonome de la région. Citant des problèmes logistiques et des cas d'intimidation, les observateurs de l'Union européenne et de la Fondation Carter ont jugé que ces élections ne répondaient pas aux « normes internationales ». L'ancien président américain Jimmy Carter a affirmé que de nombreuses libertés avaient « été restreintes durant une grande partie de la période (électorale), renforçant la méfiance des partis politiques », dont certains ont boycotté le scrutin. L'UE disposait de 130 observateurs à travers le Soudan, ce qui en fait la plus importante mission d'observation devant la Fondation Carter, qui a néanmoins suivi le processus de plus longue date. « Il y a eu plus d'irrégularités au Sud-Soudan », a affirmé de son côté Véronique de Keyser, soulignant la « faiblesse de l'organisation » à l'origine de nombreux retards dans l'ouverture des bureaux de vote, de l'acheminement de bulletins dans de mauvais centres de vote - ou encore leur pénurie - et des problèmes de sécurité.
« Les conclusions des observateurs internationaux ne sont pas une surprise parce que les cas de corruption et de fraudes étaient évidents », écrit Ajras al-Hurriya, quotidien réputé proche des ex-rebelles sudistes. La majeure partie de l'opposition et des ex-rebelles sudistes avait critiqué le scrutin accusant le parti du président Béchir de bourrer les urnes. « La communauté internationale, les États de l'Union européenne, les États-Unis et les membres du Conseil de sécurité (dont la Chine, allié stratégique du Soudan) ne devraient pas reconnaître ces élections ou leur donner de la crédibilité », estime Ajras al-Hurriya.
Le quotidien indépendant as-Sudani s'en prend quant à lui à la commission électorale : « Il est impossible que des candidats obtiennent moins de votes que le nombre de personnes dans leurs familles », dans un pays où la solidarité familiale est si importante. Cela est la preuve que le scrutin « n'est pas juste ».
Pour la Ligue arabe, ces élections sont un « exemple » à suivre pour les autres pays africains et arabes, malgré les « carences » ayant empêché de satisfaire aux normes internationales, a estimé hier le principal responsable de la mission d'observation de la Ligue arabe.
La presse indépendante et d'opposition au Soudan a violemment critiqué hier les élections nationales, les qualifiant de « frauduleuses ». « Ces élections ne peuvent mener qu'à des résultats frauduleux », écrit le journal Raï ash-Shaab, réputé proche de l'opposant islamiste Hassan al-Tourabi, ancienne éminence grise du pouvoir. Les premières élections multipartites depuis 1986 devaient mener à une « transformation démocratique » au Soudan, dirigé par Omar el-Béchir depuis le coup d'État militaire de 1989. Mais le scrutin « va préserver la configuration politique héritée de l'accord de paix » Nord-Sud de 2005,...
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