Selon des résultats officiels établis après le dépouillement de la quasi-totalité des bulletins (98,5 %), M. Eroglu, chef du Parti de l'unité nationale (UBP, conservateur), a recueilli 50,3 % des suffrages exprimés, contre 42,8 % pour M. Talat.
« Je vais travailler avec bonne volonté pour un règlement qui prenne en compte les droits de ma communauté », a poursuivi le dirigeant nationaliste. Il a déclaré qu'à cette fin, il allait engager un « étroit dialogue avec la mère patrie », la Turquie, dont 35 000 soldats sont déployés dans la partie nord de l'île divisée depuis 1974. Après des années de gel, les pourparlers en vue d'une réunification ont été relancés en septembre 2008 par le président chypriote (Grec), Demetris Christofias, et M. Talat, sous l'égide de l'ONU. Mais 19 mois plus tard, peu de progrès tangibles ont été accomplis. « Nous allons rechercher les voies d'un consensus » dans les discussions interchypriotes, a déclaré M. Eroglu.
Un deuxième tour de scrutin n'est pas nécessaire, l'un des candidats ayant recueilli au moins 50 % des voix. La participation à ce scrutin au suffrage universel pour désigner le nouveau « président » de la République turque de Chypre-Nord (RTCN), reconnue par la seule Turquie, a été d'environ 75 %, selon la commission électorale.
La victoire de M. Eroglu, 72 ans, plusieurs fois chef de gouvernement, a été accueillie par une explosion de joie de ses partisans réunis devant le siège de son parti à Nicosie. M. Eroglu, accompagné de son épouse Meral, a salué la foule présente qui dansait au son de mélodies folkloriques, sous une pluie de feux d'artifice.
M. Eroglu, favorable à une solution à deux États, rejetée par la partie grecque (Sud), devrait assouplir sa position, de l'avis des experts. Ankara, qui négocie son intégration à l'Union européenne, souhaite la poursuite du processus de réconciliation. Chypre est divisée depuis 1974 et l'invasion militaire turque dans le nord de l'île après un coup d'État fomenté par des nationalistes chypriotes grecs soutenus par Athènes et visant à rattacher le pays à la Grèce.


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