« Ce que M. Obama a dit, même M. Bush, qui a du sang sur les mains, ne l’a pas dit », a martelé hier Mahmoud Ahmadinejad. Photo AFP
Dans le cadre de leur nouvelle doctrine nucléaire dévoilée mardi, les États-Unis s'engagent à ne jamais utiliser l'arme atomique contre un adversaire qui ne la détient pas et qui respecte les règles du Traité de non- prolifération nucléaire (TNP). L'Iran et la Corée du Nord font toutefois figure d'exception à la règle, a prévenu l'administration américaine.
De son côté, le chef de la diplomatie, Manouchehr Mottaki a qualifié la nouvelle doctrine nucléaire des États-Unis de « propagande », appelant Washington à tenir sa promesse de débarrasser le monde de la bombe atomique. Il a réitéré que l'Iran, soupçonné par les grandes puissances de vouloir se doter de l'arme nucléaire sous couvert de son programme civil, ne croyait pas dans l'arme atomique et n'en avait pas besoin. M. Mottaki a également affirmé que Téhéran était toujours prêt à « un échange de combustible » pour le réacteur de Téhéran comme l'avait proposé l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). L'AIEA a proposé en octobre 2009 à Vienne que l'Iran livre 1 200 kg de son uranium faiblement enrichi (3,5 %) à la Russie, laquelle serait chargée de l'enrichir à 20 % avant sa transformation, en France, en combustible pour le réacteur de recherche médicale de Téhéran. Cette proposition est soutenue par les grandes puissances. Téhéran a cependant refusé de livrer son uranium faiblement enrichi, exigeant que l'échange soit simultané et qu'il se fasse sur le territoire iranien, conditions rejetées par les grandes puissances.
Le ministre a ajouté que l'Iran était prêt à stocker un millier de kilogrammes d'uranium faiblement enrichi à l'intérieur du pays sous la supervision de l'AIEA en attendant que l'échange se fasse. L'Iran refuse de suspendre son programme d'enrichissement d'uranium malgré une série de résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU, en affirmant que ses activités sont totalement pacifiques. Les États-Unis et leurs alliés occidentaux ont accentué la pression pour imposer de nouvelles sanctions contre l'Iran, mais la Chine et la Russie restent réticentes pour adopter de nouvelles sanctions. À cet égard, une réunion se tiendra aujourd'hui à New York entre les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU et l'Allemagne, en présence de la Chine, selon le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner.


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