« C’est Israël qui est la principale menace pour la paix régionale », a déclaré le Premier ministre turc à quelques journalistes, avant un déjeuner de travail avec le président Nicolas Sarkozy. Philippe Wojazer/Reuters
À Jérusalem, son homologue israélien Benjamin Netanyahu a immédiatement déploré qu'« Erdogan choisisse tout le temps d'attaquer Israël ». « C'est une répétition regrettable qui, à mon avis, ne sert pas les intérêts de la stabilité ni l'amélioration des relations dans notre région », a-t-il ajouté.
Ce réquisitoire contre Israël fait suite à de nombreux accrochages verbaux entre les deux alliés. Encore mardi soir, la Turquie avait condamné des déclarations attribuées au chef de la diplomatie israélienne, Avigdor Lieberman, comparant Recep Tayyip Erdogan à des dirigeants controversés comme le Libyen Kadhafi et le Vénézuélien Chavez.
Ces diatribes contre Israël ont fait passer au second plan l'objet principal de la visite du Premier ministre turc à Paris. Il était à Paris pour plaider une fois de plus en faveur de l'adhésion de son pays à l'UE. L'hostilité de Nicolas Sarkozy à une adhésion turque est à l'origine des relations difficiles entre les deux hommes, qui ne se sont pas exprimés ensemble publiquement à l'issue de leurs discussions. « Je ne désespère pas. Je pense que M. Sarkozy peut réviser son approche », a cependant assuré le Premier ministre turc, avant leur rencontre. La présidence française, de son côté, a fait savoir que Nicolas Sarkozy avait accepté une invitation de M. Erdogan à se rendre en Turquie, « rapidement après le début de la présidence française du G20 » en novembre. La Turquie, actuellement membre du Conseil de sécurité de l'ONU, est également en désaccord avec la France sur l'adoption de nouvelles sanctions contre Téhéran.
La fraîcheur de la relation politique contraste avec l'embellie des relations économiques. Devant les patrons français, le Premier ministre turc a dit s'attendre à une hausse de 50 % du commerce entre Paris et Ankara, à 15 milliards d'euros d'ici à 2012.


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