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Moyen Orient et Monde - Éclairage

La CIA peut-elle saboter le projet nucléaire iranien grâce aux transfuges ?

L'efficacité de la guerre secrète menée par la CIA en question.
La défection d'un scientifique nucléaire iranien vers les États-Unis, rapportée par les médias américains, relance la spéculation sur les efforts secrètement menés par la CIA pour saboter le programme nucléaire de Téhéran. Il reste toutefois à savoir si le transfuge d'une trentaine d'années, qui aurait rejoint les rangs de la Centrale de renseignements américaine, représente une victoire cruciale pour Washington ou un revers mineur pour l'Iran, ont expliqué des experts à l'AFP.
Selon la chaîne de télévision ABC News, Shahram Amiri, qui avait disparu en juin 2009 à son arrivée en Arabie saoudite, s'est depuis installé aux États-Unis et collabore avec l'espionnage américain. Il travaillait à l'université de technologie Malek-Ashtar de Téhéran, un des centres de recherche étroitement liés aux gardiens de la révolution et à l'industrie d'armement iranienne. D'après ABC, la disparition de ce scientifique « faisait partie d'une opération de la CIA planifiée de longue date pour qu'il fasse défection ».
Les experts restent néanmoins prudents sur la valeur de cette « prise », qui pourrait n'avoir eu accès qu'à une partie du programme nucléaire de Téhéran. « Il faut rester prudent sur l'importance réelle d'un seul individu », avertit Paul Pillar, un vétéran de la CIA.
La disparition mystérieuse de M. Amiri semble confirmer des informations de presse parues en 2007 selon lesquelles les services de renseignements américains cherchent à attirer des personnalités-clés militaires et civiles du régime pour miner le projet nucléaire iranien. En 2007, un ancien ministre adjoint iranien à la Défense, le général Ali Reza Asgari, avait également disparu sans laisser de traces à Istanbul. Ces défections supposées offrent un aperçu de la guerre secrète livrée à l'Iran par les espions américains pour contrecarrer clandestinement les ambitions nucléaires de Téhéran, en sus des efforts diplomatiques menés par Washington pour imposer des sanctions au régime soupçonné de vouloir se doter de l'arme atomique.
Parmi les stratagèmes employés, la CIA a déjà réussi à fournir à l'Iran et à la Libye des composants défectueux pour leur programme nucléaire, via une famille d'ingénieurs suisses, selon le New York Times. En 2006, un générateur a rendu l'âme dans une usine d'enrichissement d'uranium à Natanz (centre), provoquant l'explosion de 50 centrifugeuses, d'après le journal.
Une autre technique consiste à transformer un candidat à la défection en « taupe » avant de l'exfiltrer. Pour la CIA, le physicien nucléaire Shahram Amiri pourrait s'avérer être une mine d'informations. Mais « l'autre possibilité, c'est que nous avons tellement soif de renseignements sur ce programme nucléaire iranien que nous sommes prêts à prendre tout ce qui se présente », commente Bruce Riedel, retraité de la CIA et expert à l'institut Brookings. « Je ne serais pas surpris si c'était le cas. »
La défection d'un scientifique nucléaire iranien vers les États-Unis, rapportée par les médias américains, relance la spéculation sur les efforts secrètement menés par la CIA pour saboter le programme nucléaire de Téhéran. Il reste toutefois à savoir si le transfuge d'une trentaine d'années, qui aurait rejoint les rangs de la Centrale de renseignements américaine, représente une victoire cruciale pour Washington ou un revers mineur pour l'Iran, ont expliqué des experts à l'AFP.Selon la chaîne de télévision ABC News, Shahram Amiri, qui avait disparu en juin 2009 à son arrivée en Arabie saoudite, s'est depuis installé aux États-Unis et collabore avec l'espionnage...
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