Un « high five » enjoué entre Barack Obama et un petit garçon après la promulgation de la réforme de l’assurance-maladie. Larry Downing/Reuters
« Alors qu'arrive le printemps, nous saluons l'avènement d'une nouvelle ère aux États-Unis », a déclaré M. Obama lors d'un nouveau discours passionné en faveur de cet arsenal législatif. Cette loi « va mettre en mouvement des réformes pour lesquelles des générations d'Américains ont combattu », a ajouté le président, rendant hommage aux membres du Congrès qui ont adopté ce texte après un an de débats acharnés, ainsi qu'à ses ministres et collaborateurs. Il a aussi fait référence à ses nombreux prédécesseurs ayant essayé en vain de faire adopter une telle réforme depuis un siècle, de Theodore Roosevelt à Bill Clinton, auquel il a associé son épouse et actuelle secrétaire d'État, Hillary Clinton. M. Obama a fait passer une vague d'émotion dans l'assistance en affirmant qu'il signait la loi en pensant à sa mère décédée, « qui se disputait avec les compagnies d'assurances alors qu'elle était en train de mourir du cancer », et à plusieurs victimes d'abus des assureurs, qu'il a citées nommément.
Mais le discours de M. Obama, dans la vénérable « East Room » qui vit entre autres Lyndon Johnson signer la loi sur les droits civiques en 1964, a aussi pris un ton de campagne lorsqu'il a évoqué les dispositions du texte entrant en vigueur dès cette année, alors que se profilent de cruciales élections législatives. « Nous ne sommes pas un pays qui réduit ses aspirations (...). Nous sommes un pays qui fait face aux difficultés et accepte ses responsabilités (...). Nous forgeons notre propre destin », a lancé le président. « Et maintenant, nous allons sanctuariser l'idée fondamentale que tout le monde devrait bénéficier d'une sécurité de base dans le secteur de la santé », a-t-il ajouté. Mais avant même son entrée en vigueur, effective dès hier, la loi était déjà contestée sur le terrain politique. Le texte, adopté dimanche par la Chambre des représentants après des mois d'âpres négociations au Congrès, est jugé trop coûteux par les républicains qui l'assimilent à une prise de contrôle du système de santé par l'État fédéral. Ils entendent faire de ce sujet l'enjeu de la campagne pour les élections de novembre, qui renouvelleront l'ensemble de la Chambre des représentants et un tiers du Sénat, tous deux contrôlés par les démocrates. Dès jeudi, Barack Obama doit effectuer un déplacement dans l'Iowa (centre), où il s'agira de convaincre les Américains du bien-fondé d'une loi devenue impopulaire, mais aussi d'éviter de laisser les républicains occuper le terrain médiatique.
De politique, la bataille va aussi devenir judiciaire après l'annonce qu'une dizaine d'États américains sur 50 prévoient de contester la réforme dès sa promulgation, car ils la jugent anticonstitutionnelle. La Maison-Blanche s'est dit lundi sereine à ce sujet, estimant que ces recours n'aboutiraient pas.


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