La LND avait indiqué récemment qu'elle déciderait formellement le 29 mars de participer ou non aux élections. La date du scrutin n'a pas encore été annoncée, mais il doit se tenir cette année.
La junte s'est attiré les foudres de la communauté internationale en promulguant début mars des lois qui préparent les premières élections législatives depuis 20 ans, et qui obligent notamment le parti à exclure la dissidente de ses instances. La junte du généralissime Than Shwe a en effet interdit aux détenus d'appartenir à un parti, une mesure qui oblige la LND à exclure Mme Suu Kyi, puisqu'elle purge actuellement une peine de 18 mois de résidence surveillée. À défaut d'obéir à cette loi, le premier parti de l'opposition serait dissous.
La junte a également publié une loi qui annule les élections de 1990, remportées brillamment par la LND mais que les militaires n'avaient jamais accepté de reconnaître.
La situation soulève d'importantes questions pour la LND, sa survie politique et son avenir. « La LND doit décider si elle s'adapte à une situation profondément injuste et essaye de participer, ou si elle garde ses principes intacts et continue d'être exclue » du jeu politique, a relevé David Mathieson, pour l'organisation Human Rights Watch (HRW). L'analyste a confirmé les rumeurs de débats intenses, sur ce dossier, au sein du parti du Prix Nobel de la paix. « Je ne crois pas que nous saurons ce qu'ils vont faire avant qu'ils ne le décident eux-mêmes », a ajouté David Mathieson. Cette situation « peut unir le parti, provoquer sa scission ou le forcer à se réorganiser ». Win Min, analyste birman et militant prodémocratie, a quant à lui estimé que le parti devrait probablement respecter la position de sa figure de proue. « Ce serait difficile pour les membres de la LND d'aller contre son opinion. Mais certains d'entre eux pourraient vouloir participer (...), peut-être en créant un autre parti, avec une autre stratégie », a-t-il estimé.


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