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Moyen Orient et Monde - Pédophilie

Les catholiques allemands réclament l’intervention rapide du pape

Nombre de catholiques auraient aimé entendre le pape allemand s’exprimer personnellement sur ce dossier dimanche, lors de sa prière hebdomadaire. Gregorio Borgia/Reuters

La grogne montait hier parmi les catholiques allemands devant le silence du pape sur les affaires de pédophilie dans son pays d'origine où les appels à une réforme du célibat des prêtres se multiplient.
Le scandale de pédophilie dans des établissements catholiques « préoccupe les gens, qu'ils soient croyants ou non, et le Saint-Père devrait s'expliquer », a déclaré le président de la Fédération de la jeunesse catholique allemande (BDKJ), Dirk Tönzler, dans le quotidien Berliner Zeitung. Secouée depuis fin janvier par une cascade de révélations d'abus sexuels anciens commis par des membres du clergé, l'Église catholique allemande connaît « l'une de ses plus profondes crises existentielles depuis 1945 », selon lui.
Le pape allemand Benoît XVI a été mis en cause vendredi pour avoir autorisé en 1980, à titre d'archevêque de Munich, la mutation dans son diocèse d'un prêtre soupçonné de pédophilie. Le prêtre aurait dû subir une thérapie mais s'est vu confier de nouvelles responsabilités pastorales, à l'insu du cardinal Ratzinger qui n'était pas encore pape. En 1986, alors que Mgr Ratzinger servait à Rome, le prêtre a été condamné pour abus sexuel sur un mineur à une peine de 18 mois de prison avec sursis.
Nombre de catholiques auraient aimé entendre le pape allemand s'exprimer personnellement dimanche lors de sa prière hebdomadaire sur la place Saint-Pierre de Rome, comme il l'a déjà fait par le passé en dénonçant des scandales similaires survenus dans d'autres pays, dont l'Irlande. Au lieu de cela, ils ont dû se contenter de la réaction du porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi, affirmant samedi que les « efforts » pour « impliquer personnellement » le pape dans les scandales de pédophilie au sein de l'Église avaient « échoué ». Dénoncer une campagne d'acharnement contre le pape constitue « la pire stratégie de communication imaginable », a estimé Christian Weisner, porte-parole du mouvement contestataire « Nous sommes l'Église », cité dans le quotidien régional Münchner Zeitung. « Nombre de fidèles catholiques regrettent que Benoît XVI n'ait pas même exprimé un petit mot de compassion », dit-il. Trop tôt, rétorque dans le quotidien Süddeutsche Zeitung le père jésuite Bernd Hagenkord qui dirige le programme allemand de Radio Vatican. Une prise de position serait prématurée à ce stade, le Saint-Siège ne disposant pas encore de tous les éléments sur ces affaires, explique-t-il.
En tant que membre du comité central des catholiques allemands (ZdK), le vice-président du Parlement allemand, Wolfgang Thierse, a prévenu que la crédibilité de l'Église catholique était « très gravement ébranlée » par les affaires de pédophilie, demandant plus d'honnêteté au pape et à son Église. « J'ai mes doutes sur le caractère sensé du célibat forcé », a pour sa part confié Dirk Tönzler, de la fédération des jeunesses catholiques. Le président du ZdK, Aloïs Glück, a appelé l'Église à se demander « s'il y a des conditions spécifiques à l'Église qui favorisent les abus ». Selon un sondage paru la semaine dernière dans le magazine Focus, 82 % des Allemands disent ne pas comprendre le célibat sacerdotal.
La grogne montait hier parmi les catholiques allemands devant le silence du pape sur les affaires de pédophilie dans son pays d'origine où les appels à une réforme du célibat des prêtres se multiplient.Le scandale de pédophilie dans des établissements catholiques « préoccupe les gens, qu'ils soient croyants ou non, et le Saint-Père devrait s'expliquer », a déclaré le président de la Fédération de la jeunesse catholique allemande (BDKJ), Dirk Tönzler, dans le quotidien Berliner Zeitung. Secouée depuis fin janvier par une cascade de révélations d'abus sexuels anciens commis par des membres du clergé, l'Église catholique allemande connaît « l'une de ses plus...
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