Les partisans de l’ex-Premier ministre en exil Thaksin Shinawatra ont organisé hier la plus importante manifestation depuis un an. Pornchai Kittiwongsakul/AFP
Hier, au total, 50 000 soldats, policiers et civils volontaires ont été déployés dans et autour de la capitale pour sécuriser les bâtiments officiels et fouiller les manifestants aux entrées de la ville. Les « rouges » ont pourtant durci leur discours, en lançant un ultimatum au gouvernement d'Abhisit Vejjajiva, indiquant qu'ils marcheraient aujourd'hui à 09h00 (02h00 GMT) vers la base militaire où le gouvernement a installé un quartier général de crise, à environ 20 kilomètres du centre-ville. « Nous irons écouter la réponse du gouvernement au 11e régiment d'infanterie où il s'est installé, a indiqué Natthawut Saikuar. S'ils refusent de répondre à nos revendications, nous annoncerons la prochaine étape. »
La manifestation intervient deux semaines après la saisie de plus de la moitié de la fortune de Thaksin, jugé coupable d'abus de pouvoir et de conflit d'intérêts lorsqu'il dirigeait le pays (2001-2006). L'homme d'affaires, seul Premier ministre thaïlandais à avoir jamais été réélu, avait été renversé par un coup d'État. « Nous voulons justice et égalité », a clamé Thaksin dans un discours à ses partisans par vidéoconférence depuis un lieu inconnu hier soir. « Rien n'est plus fort que le pouvoir du peuple. Je demande à toutes les "chemises rouges? de ne pas abandonner. Ce n'est pas le problème d'une personne, nous combattons pour la justice », a-t-il affirmé, se jugeant victime de « tyrans au sein de l'élite ».
Les « rouges » considèrent Thaksin comme le seul homme politique à s'être préoccupé de leur sort. Les élites de la capitale, notamment les « chemises jaunes » royalistes, lui reprochent son populisme, son affairisme et la menace qu'il représente, selon elles, contre la monarchie.
Abhisit, arrivé au pouvoir fin 2008 par le jeu de renversements d'alliances parlementaires et qui conserve aujourd'hui le soutien de l'armée, a réaffirmé sa détermination. « J'ai le droit de finir mon mandat,car j'ai été élu au Parlement comme d'autres précédents Premiers ministres », a-t-il justifié, en ajoutant que le gouvernement n'avait « aucun projet de répression de la manifestation ». Une loi de sécurité exceptionnelle a été adoptée. Mais l'état d'urgence ne sera décrété que « selon certains critères et circonstances », a-t-il ajouté.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine