Le Premier ministre, 67 ans, qui est apparu fatigué et moins vif qu’à l’habitude, a été interrogé à deux reprises sur sa santé. Elle est bonne, a-t-il assuré, « j’ai encore plein d’énergie ! » Frederic J.Brown/AFP
« Lorsqu'a éclaté la crise financière internationale et qu'elle s'est propagée, le taux de change stable du renminbi a apporté une importante contribution », a assuré M. Wen lors de cette conférence de presse formelle de deux heures pour laquelle les journalistes avaient dû soumettre leurs questions à l'avance.
Le Premier ministre a rappelé que la Chine était très loin d'être un pays développé et s'est inquiété des inégalités sociales, potentiellement explosives au plan politique dans cet immense pays de 1,3 milliard d'habitants. « Notre développement économique et social doit accorder davantage d'attention aux pauvres et aux groupes défavorisés parce qu'ils constituent la majorité », a-t-il dit. « L'économie chinoise n'est pas séparée du monde, même si nous avons une reprise stable de l'économie (8,7 % en 2009), la situation économique de nombreuses industries chinoises ne s'est pas fondamentalement améliorée, elle repose principalement sur le soutien de nos politiques », a dit M. Wen annonçant que la relance, avec un plan de plus de 400 milliards d'euros lancé fin 2008, allait être poursuivie.
« Cela prendra 100 ans, et même plus pour que la Chine devienne un pays moderne », a dit M. Wen, assurant que Pékin n'avait aucune visée hégémonique à l'heure où certains pays s'inquiètent de la formidable émergence de la Chine qui est en passe de devenir la 2e économie mondiale et dont la voix est de plus en plus écoutée sur la scène internationale.
« Certains (...) disent que la Chine est arrogante, qu'elle est dure », mais « le développement de la Chine n'affectera aucun pays », a assuré Wen Jiabao, « la Chine ne cherchera jamais l'hégémonie, même quand elle sera un pays développé ». Elle ne concédera rien en revanche sur des questions non négociables comme Taïwan ou le Tibet. « Les relations sino-américaines avaient pris un bon démarrage après l'arrivée au pouvoir » du président Obama, a déclaré M. Wen, mais avec la vente d'armes à Taïwan en janvier et la rencontre du président en février avec le dalaï-lama - chef spirituel des bouddhistes tibétains accusé par Pékin de « séparatisme » - les États-Unis « ont violé la souveraineté chinoise », a-t-il accusé. « La responsabilité incombe aux États-Unis », a dit M. Wen, appelant Washington à prendre « des initiatives concrètes » pour améliorer les relations bilatérales, sans préciser lesquelles.


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