La ministre des Finances n’a pas écarté la possibilité d’une éventuelle hausse de la TVA. Photo Dalati et Nohra
« Cette forte demande nous a permis en outre de garantir un taux d'intérêt avantageux (...), en tout cas de dix points inférieur aux taux offerts par le gouvernement grec (...) Nous avions initialement intégré le marché à un taux de 6,5 %, mais celui-ci a progressivement reculé jusqu'à atteindre 6,375 %, soit un taux inférieur à celui de la notation souveraine » du pays, a-t-elle poursuivi.
Indiquant que les investisseurs étrangers représentent désormais 30 % du montant global des souscriptions, la ministre des Finances a insisté sur le fait que « cette opération reflète clairement la confiance de ces derniers dans l'économie locale et dans le plan de réformes suivi ».
Rappelons que l'opération d'émission s'est effectuée par le biais de trois banques, dont deux banques locales, à savoir la BLOM Bank et la Fransabank, et une banque internationale, BNP Parisbas.
Les bons du Trésor en livres
Par ailleurs, la ministre des Finances a affirmé en réponse à une question au sujet de l'arrêt des émissions de bons du Trésor en livres que celles-ci allaient être relancées à partir du 1er avril prochain. « La décision de suspension de ces émissions, prise en concertation avec le gouverneur de la Banque du Liban (BDL), était en effet provisoire et portait sur une durée d'un mois. Nous ne nous sommes pas complètement retirés du marché, comme en témoigne d'ailleurs cette nouvelle émission de bons du Trésor en devises », a déclaré Raya el-Hassan.
« Cette question était en tout cas au cœur du débat aujourd'hui durant la réunion de la commission parlementaire des Finances et du Budget. Nous avions insisté sur la nécessité d'avoir en permanence des fonds de réserve permettant de couvrir les bons du Trésor en devises et en livres émis pour une durée de trois mois (...) d'autant que l'excédent du compte du Trésor auprès de la BDL, qui s'élève aujourd'hui à 6 500 milliards de livres, devrait chuter jusqu'à 4 800 milliards de livres à la fin du mois en cours », a-t-elle poursuivi.
Hausse de la TVA
Par ailleurs, la ministre n'a pas complètement démenti les informations circulant dans la presse et faisant état d'une éventuelle hausse de la taxe sur la valeur ajoutée de 10 à 12 % et de la taxe sur les placements bancaires de 5 à 7 % dans le projet de budget 2010. Elle s'est contentée d'indiquer à cet égard que l'augmentation des impôts serait un des moyens utilisés pour doper les recettes de l'État et couvrir la hausse des dépenses. « À l'heure actuelle, nous sommes en train d'estimer les dépenses publiques à pourvoir dans le budget 2010 (...) et de faire la part entre les dépenses courantes - utilisées pour financer notamment les salaires des fonctionnaires publics, le service de la dette et le déficit de l'Électricité du Liban (EDL) - et les dépenses d'investissements. Celles-ci n'ont représenté que 2 % du produit intérieur brut (PIB) au cours des deux dernières années, un taux considéré comme très bas, selon les normes internationales. Nous avons donc décidé d'augmenter la part de ces dépenses à 4 % du PIB, dans le but de lancer de nouveaux projets d'infrastructure et de soutenir la croissance, a déclaré la ministre el-Hassan. En parallèle, nous étudions les différents moyens de couvrir ces dépenses, afin d'éviter un approfondissement du déficit. Nous avons en effet le choix entre l'augmentation de la dette, la hausse des impôts ou l'entrée du secteur privé (au processus de gestion des institutions publiques) qui nécessite la mise en œuvre de nombreuses mesures. »
Les première et dernière options étant difficilement envisageables, la ministre des Finances a laissé entendre que le choix final serait d'augmenter « légèrement » les taxes.
Enfin, en réponse à une question sur la date de remise du projet de budget, Raya el-Hassan a souligné que le volet du budget relatif aux dépenses a été entièrement achevée, réfutant l'idée selon laquelle un éventuel retard dans l'approbation du budget aurait des répercussions négatives sur le plan économique.


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