Parmi les différents scénarios possibles pour l'économie américaine, les analystes estiment d'une manière générale que deux paraissent improbables : celui d'une reprise rapide, dite « en V », et celui d'un nouveau plongeon dans la récession (reprise « en W »).
Le scénario jugé le plus probable est celui d'une reprise sans emploi, correspondant au diagnostic posé par la Banque centrale (Fed) : une croissance lente, trop faible pour permettre une baisse sensible du chômage.
Signe que malgré la faiblesse avérée de l'économie, les craintes se dissipent, la Fed, habituellement très prudente en phase de sortie de récession, a relevé légèrement mi-février sa prévision de croissance pour 2010.
Elle table désormais sur une croissance comprise entre 2,8 et 3,5 % en rythme annuel au dernier trimestre. Mais elle a dans le même temps relevé sa prévision de chômage qui devrait selon elle se situer entre 9,5 % et 9,7 % (son niveau actuel) à la même époque.
Au début du mois, le secrétaire au Trésor Timothy Geithner avait jugé faible le risque de rechute, assurant que la reprise amorcée à l'été marquait « le début d'un processus de guérison ».
Selon la cinquantaine d'économistes interrogés pour la dernière enquête de conjoncture mensuelle du Wall Street Journal, la croissance devrait se poursuivre tout au long de l'année. Ils tablent en moyenne sur une hausse du produit intérieur brut de 3 % en 2010. Eu égard à la chute de l'activité de 2009 (-2,4 %, du jamais-vu depuis 1946), c'est faible, et cela ne devrait pas être suffisant selon eux pour faire tomber le chômage en dessous de 9,4 % d'ici à la fin du mois de décembre.
Ils jugent en moyenne que le taux de chômage ne pourra en aucun cas tomber sous 5,8 % dans les cinq années à venir, ce qui reste très élevé pour l'économie américaine.
La hausse du PIB de 5,9 % au dernier trimestre de 2009 (selon la deuxième estimation officielle publiée vendredi) a été gonflée par un effet comptable - lié au ralentissement des déstockages - ayant assuré à lui seul presque deux tiers de la croissance. Personne ne prévoit la réédition d'une telle performance dans les trimestres à venir.
Pour Nariman Behravresh, économiste de l'institut IHS Global Insight, « on assiste toujours à une reprise en U ».
Face à une croissance jugée la semaine dernière encore « naissante » par le président de la Fed, ou « superficielle » par sa collègue Sandra Pianalto, la Banque centrale et les autorités de Washington se montrent déterminées à tout faire pour éviter le scénario d'une croissance au point mort.
M. Bernanke a redit mercredi et jeudi que la Réserve fédérale comptait maintenir encore longtemps son taux directeur extrêmement bas (il est actuellement à quasi zéro) pour stimuler l'activité au maximum.
Le gouvernement et le Congrès comptent de leur côté intensifier les efforts de relance déjà énormes entrepris depuis un an dans les limites que leur impose l'explosion du déficit budgétaire.


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