Près de 30 000 manifestants ont défilé à Athènes. Photo AFP
D'autres manifestations ont eu lieu dans les grandes villes de Grèce, notamment à Salonique (Nord), ou près de 7 000 personnes ont défilé dans le calme, selon une source policière. « Taxez les riches », « Grève contre les spéculateurs » et « Les hommes et leurs besoins sont au-dessus des marchés et des profits », indiquaient des pancartes placées le long de la manifestation dans la capitale organisée par la Confédération générale des travailleurs grecs (GSEE, 1 million d'adhérents) et par la Fédération des fonctionnaires Adedy (300 000 membres). Le Front de lutte syndical (PAME), émanation du Parti communiste ultraorthodoxe (KKE), qui avait appelé ses membres à manifester séparément, a réuni 15 000 militants à Athènes, selon la police. « Aucun sacrifice pour la ploutocratie », affirmaient des tracts distribués dans la rue par les communistes, qui portaient des banderoles sur lesquelles était inscrit « pas plus », en référence au refus de mesures d'austérité supplémentaires. Présent au rassemblement de la GSEE le secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats (CES), John Monks, a déclaré à l'AFP que « l'Europe doit travailler mieux pour aider la Grèce (...), les Grecs veulent voir l'Europe les aider ». Pour le moment « les Européens menacent et n'aident pas », a-t-il estimé. Les transports aériens et maritimes étaient à l'arrêt, tandis que les dessertes ferroviaires étaient pratiquement toutes interrompues. La grève a entraîné la fermeture des écoles, des administrations et des tribunaux ainsi que des musées et sites archéologiques, tandis que banques, hôpitaux et entreprises du secteur public fonctionnaient au ralenti. Le pays était également privé de radios et télévisions en raison du ralliement du syndicat des journalistes. Les journaux ne devraient pas paraître aujourd'hui. Selon la GSEE, la grève a été suivie à 100 % dans plusieurs secteurs d'activité, à 70 % dans l'industrie et dans les banques. Mais selon le président de la chambre des petites et moyennes entreprises, la participation à la grève ne dépassait pas 10 %.
Le mouvement a été décidé par les syndicats après l'annonce par le gouvernement de mesures d'austérités destinées à réduire drastiquement le déficit abyssal du pays et qui prévoient notamment un gel des salaires et le recul de deux ans, à 63 ans et demi, de l'âge moyen du départ en retraite. Mais, malgré la mobilisation, « cette grève est plus symbolique qu'autre chose, sans réelle conséquence », a indiqué à l'AFP le politologue Georges Sefertzis. La grève est surtout « un message adressé au gouvernement » pour qu'il ne dépasse pas la ligne rouge concernant notamment l'âge de la retraite et une éventuelle remise en cause du 14e mois touché par les salariés grecs, a ajouté l'analyste proche du gouvernement.


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