Le trafic était fortement perturbé en France hier, au premier jour d'une grève des aiguilleurs du ciel qui doit durer jusqu'à samedi matin à l'appel de plusieurs syndicats.
Dans les aéroports parisiens, un vol sur deux était annulé à Orly et un sur quatre à Roissy, tandis que plusieurs aéroports de province étaient fermés.
La compagnie nationale Air France a indiqué que 50 % de ses vols court et moyen-courriers à Orly et 25 % à Roissy seraient annulés mardi et mercredi, mais que tous les long-courriers seraient assurés.
Ce mouvement de protestation, contre un projet du gouvernement de fusionner le contrôle aérien français avec cinq autres pays européens (Allemagne, Benelux et Suisse), affectait aussi certains pays voisins. En Belgique, de nombreux vols ont ainsi été annulés ou retardés au départ et à l'arrivée des aéroports de Bruxelles et Charleroi.
La grève en France « affecte surtout les liaisons en provenance ou à destination du Sud et du Sud-Est, autrement dit de France, de la péninsule ibérique, d'Afrique et d'Afrique du Nord ainsi que du Moyen-Orient », a indiqué à l'AFP le porte-parole du service public Belgocontrol, Guy Viselé.
En Allemagne, en Suisse et aux Pays-Bas, des vols étaient aussi retardés. La compagnie helvétique Swiss a constaté un « ralentissement des opérations, des problèmes de créneau horaire et de survol du territoire français » résultant en des retards entre 30 et 60 minutes.
La néerlandaise KLM constatait de « gros retards » à l'aéroport d'Amsterdam-Schiphol, pour la plupart des vols à destination du sud de l'Europe (surtout vers la France, l'Espagne et le Portugal).
Lufthansa enregistrait seulement de légers retards sur des vols Allemagne-Portugal ou Allemagne-Espagne qui survolent le territoire français. Mais la veille une grève de ses pilotes avait lourdement perturbé le trafic dans les aéroports allemands, notamment à Francfort. Le premier groupe aérien d'Europe a arraché lundi soir une trêve avec ses pilotes, dont le syndicat a appelé à la levée d'une grève qui devait initialement durer quatre jours et à la reprise immédiate des négociations. Mais Lufthansa, qui assure normalement 1 800 vols quotidiens, avait annulé de manière préventive 800 vols par jour de lundi à jeudi inclus. Ce calendrier spécial sera appliqué malgré la levée de la grève et le trafic devrait revenir à la normale vendredi seulement.
La trêve est conclue, mais le plus dur reste à faire pour Lufthansa qui a deux semaines pour s'entendre avec ses pilotes sur un accord salarial, faute de quoi la grève pourrait reprendre. Et rien n'est joué. Car le malaise est profond entre les pilotes de Lufthansa en Allemagne, longtemps habitués à être choyés par la direction, mais pour laquelle ils sont peu à peu devenus un frein à sa politique d'expansion et de chasse aux coûts. Une autre « mutinerie » pourrait en outre provenir du personnel de cabine. Lundi, le syndicat UFO, qui réclame de meilleures conditions de travail pour les 16 000 stewards et hôtesses de Lufthansa, a laissé planer la menace de grèves d'avertissement.
Par ailleurs, une grève du personnel navigant de British Airways se profile à l'horizon, alors que les équipages ont voté massivement (à 80,7 %) lundi en faveur d'une grève contre des suppressions de postes et d'autres mesures d'économies. Le syndicat Unite organise une réunion jeudi, lors de laquelle devrait être annoncée la date à laquelle il appellera à la grève. Unite avait déjà prévu un arrêt de travail de douze jours en décembre dernier, en pleines vacances de Noël et du Nouvel An, mais il avait été invalidé par la justice britannique. Cette grève aurait été la première depuis douze ans chez BA et la plus longue de l'histoire de l'aviation au Royaume-Uni.


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