L'OTAN et l'armée afghane ont affirmé qu'elles avaient préparé l'opération en étroite coopération afin que la phase militaire soit immédiatement suivie de l'instauration de structures administratives, de l'arrivée de la police, de la construction d'écoles. Mais Norine MacDonald, la présidente de l'organisation International Council for Security and Development, qui a une antenne à Lashkar Gah, capitale de la province du Helmand, estime que les civils ont été oubliés dans les plans des militaires. « Leur plan (...) ne garantit pas que la population locale puisse partir et vivre ailleurs dans de bonnes conditions, avec un accès à la nourriture et aux soins », critique Mme MacDonald.
Plus de 2 800 familles, avec cinq personnes par famille en moyenne, ont dû fuir, affirme Abdul Rahman Hutaki, le directeur de l'ONG Human Rights and Environment Organization. Les autorités locales assurent que 2 000 familles de déplacés se trouvent à Lashkar Gah et reçoivent de l'aide humanitaire des organisations afghanes et internationales. « Depuis que je suis arrivé à Lashkar Gah, je n'ai reçu aucune aide », se lamente pourtant Ahmad Jan, un habitant de Marjah. La Croix-Rouge ne dispose que d'un petit hôpital à Marjah, où s'affairent cinq personnes.
Selon l'armée britannique, plusieurs semaines pourraient être nécessaires avant un contrôle total de la zone. Mais hier, le chef d'état-major des armées françaises, le général Georgelin, a indiqué que la première phase de l'opération « Mushtarak » (Ensemble) se prolongera jusqu'en juin. Rappelant que cette offensive lancée le 13 février était « la plus grande opération montée par l'OTAN » depuis l'intervention alliée en Afghanistan, fin 2001, le général Georgelin a assuré que l'opposition rencontrée par les troupes de l'Alliance n'augurait en rien d'un échec. En outre, trois soldats de l'OTAN ont été tués ces dernières 24 heures en Afghanistan, deux dans le Sud et un dans l'Est, a annoncé l'Alliance. Toutefois, aucun de ces incidents n'est intervenu dans le cadre de l'opération Mushtarak. Enfin, quelque 600 policiers afghans sont désormais déployés dans le centre de Marjah.


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