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Moyen Orient et Monde - Niger

Les putschistes appellent à une grande manifestation de soutien aujourd’hui à Niamey

La junte affirme que le président Tandja « va bien » ; la communauté internationale souhaite le retour rapide de la démocratie.

Salou Djibo, commandant de la junte, dans sa première intervention publique. Boureima Hama/AFP

Le « Conseil suprême pour la restauration de la démocratie » (CSRD, junte), qui a pris le pouvoir jeudi dans des combats qui ont fait au moins trois morts, a assuré hier avoir le contrôle de la situation et annoncé la création prochaine d'un « conseil consultatif » pour travailler à l'avenir du pays. Le porte-parole du CSRD, Goukoye Abdoulkarim, a ajouté que le président déchu Mamadou Tandja « était dans de très bonnes conditions, il est régulièrement suivi par son médecin ». Il n'a pas précisé combien de temps serait détenu M. Tandja.
La junte qui a dissous le gouvernement et suspendu la Constitution adoptée en août 2009 a rencontré hier les secrétaires généraux des ministères et s'apprête à relâcher des ministres, a ajouté son porte-parole. « Nous leur avons donné des orientations par rapport aux actions urgentes pour assurer le fonctionnement de l'État », a-t-il précisé.
Niamey était calme hier matin, selon un correspondant de l'AFP. Quelques blindés et des véhicules tout terrain équipés de mitrailleuses étaient déployés pour garder des lieux stratégiques comme la présidence, les ministères, des résidences officielles et l'état-major de l'armée.
Dans la ville de Dosso (Ouest), des habitants, par centaines, ont défilé pour « exprimer leur joie et leur soutien à la junte », a affirmé à l'AFP Mahamadou Boureima, un commerçant joint par téléphone. Dans un communiqué lu sur des radios privées, la Coordination des forces démocratiques pour la république (CFDR), une coalition d'opposition, a appelé à « participer massivement » à une manifestation en soutien aux militaires putschistes devant le siège du Parlement aujourd'hui à Niamey. Vaste pays du Sahel, le Niger est un des États les plus pauvres du monde, mais c'est aussi le troisième producteur mondial d'uranium.
Dès hier, le parti du président nigérien déchu a reconnu la prise de pouvoir de la junte, tandis que d'autres dirigeants politiques espéraient que l'éviction de M. Tandja déboucherait rapidement sur une démocratisation après une grave crise politique en 2009. Le parti de M. Tandja, le Mouvement national pour la société de développement (MNSD), a déclaré que le putsch avait été une surprise, a dit espérer des soldats qu'ils soient « justes » et a invité ses partisans à être « sereins ».
Relativement critiques du putsch, l'Union africaine (UA), la France, l'Union européenne, l'Afrique du Sud, notamment, ont réclamé une transition démocratique. L'Union africaine a suspendu le Niger à la suite du coup d'État et demandé le retour à la situation constitutionnelle d'avant août 2009.
Âgé de 71 ans, le président Tandja, après dix ans d'un pouvoir relativement pacifique, avait dissous en 2009 le Parlement et la Cour constitutionnelle et obtenu une prolongation de son mandat de trois ans à l'issue d'un référendum controversé en août.
Le ministre sénégalais des Affaires étrangères, Madické Niang, est arrivé hier, et une délégation de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) est attendue. Les États-Unis ont appelé à « un retour rapide à la démocratie ». Paris, qui a « condamné » la prise du pouvoir « par des voies non constitutionnelles », « espère » des élections libres « dans les prochains mois ». La France a des intérêts importants au Niger, notamment dans l'extraction de l'uranium. Elle compte quelque 1 500 ressortissants dans ce pays. Le secrétaire d'État français à la Coopération Alain Joyandet a estimé qu'il n'y avait « aucune raison de craindre » une remise en cause du partenariat entre l'État nigérien et le groupe nucléaire Areva.
Le « Conseil suprême pour la restauration de la démocratie » (CSRD, junte), qui a pris le pouvoir jeudi dans des combats qui ont fait au moins trois morts, a assuré hier avoir le contrôle de la situation et annoncé la création prochaine d'un « conseil consultatif » pour travailler à l'avenir du pays. Le porte-parole du CSRD, Goukoye Abdoulkarim, a ajouté que le président déchu Mamadou Tandja « était dans de très bonnes conditions, il est régulièrement suivi par son médecin ». Il n'a pas précisé combien de temps serait détenu M. Tandja.La junte qui a dissous le gouvernement et suspendu la Constitution adoptée en août 2009 a...
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