La marine iranienne a mis à l’eau hier son premier destroyer de fabrication locale, lors d’une cérémonie en présence du guide suprême et commandant en chef des forces armées, l’ayatollah Ali Khamenei. Le bâtiment, d’un déplacement d’environ 14 000 tonnes, est équipé de radars modernes et de capacités de guerre électronique. Khamenei.ir/Handout/Reuters
Dans un rapport confidentiel obtenu jeudi par l'AFP, l'AIEA se dit inquiète des informations sur les activités nucléaires de l'Iran, selon lesquelles Téhéran pourrait être en train de fabriquer l'arme atomique. « L'information dont dispose l'agence (...) soulève des inquiétudes sur l'existence potentielle d'activités secrètes passées ou présentes de l'Iran liées au développement d'une charge nucléaire pour un missile », a déclaré le directeur général de l'AIEA Yukiya Amano dans son premier rapport adressé au conseil des gouverneurs de l'agence onusienne. L'AIEA a ainsi fait pour la première fois état de ses inquiétudes concernant des activités en cours de l'Iran alors que dans les précédents rapports il n'était question que d'activités passées.
En visite dans le sud de l'Iran, où la marine iranienne a lancé son premier destroyer, le guide suprême de l'Iran et commandant en chef de ses forces armées, l'ayatollah Ali Khamenei, a réaffirmé hier que son pays ne cherchait pas à acquérir la bombe atomique. « En aucun cas, nous ne croyons en l'arme atomique et nous ne cherchons pas à l'obtenir », a-t-il martelé devant un parterre de hauts responsables militaires, selon la télévision d'État.
L'AIEA tente depuis plusieurs années de vérifier la nature des activités nucléaires iraniennes. Fin 2007, un rapport du renseignement américain avait laissé entendre que l'Iran aurait arrêté en 2003 un programme secret pour fabriquer l'arme nucléaire. Mais le rapport Amano pourrait donner des arguments à ceux, qui, dans les capitales occidentales et en Israël, soupçonnent Téhéran d'avoir secrètement continué à développer ce programme. Le rapport note que « l'Iran n'a pas fait preuve de la coopération nécessaire qui permettrait à l'agence de confirmer que tout le matériel nucléaire en Iran est utilisé pour des activités pacifiques ».
M. Soltanieh a réaffirmé que l'Iran ne suspendrait pas ses programmes nucléaires, mais qu'il ne cesserait pas non plus de coopérer avec l'AIEA. Il a toutefois affirmé que cette coopération ne dépasserait pas le cadre fixé par les statuts de l'AIEA et que son pays n'appliquerait pas les demandes contenues dans les résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU. Ce dernier a voté trois séries de sanctions contre l'Iran pour l'obliger à suspendre ses activités nucléaires suspectes.
Washington, qui tente de rallier ses partenaires au Conseil de sécurité à l'idée de nouvelles sanctions contre l'Iran, avait indiqué jeudi soir que ce rapport démontrait que l'Iran ne respecte pas ses obligations internationales. « Nous avons toujours dit que si l'Iran échouait à respecter ses obligations internationales, il y aura des représailles », a déclaré le porte-parole de la Maison-Blanche, Robert Gibbs.
Hier, Paris a indiqué que le rapport de l'agence montrait « combien il est urgent d'agir avec détermination pour répondre à l'absence de coopération de l'Iran ». Berlin a estimé que le rapport « confirme les sérieuses inquiétudes » à l'égard du nucléaire iranien. De son côté, Moscou s'est dit « très inquiet » du manque de coopération de l'Iran avec l'AIEA tout en s'opposant à des « sanctions paralysantes » contre Téhéran. La Russie a par ailleurs annoncé hier soir qu'elle entend respecter ses engagements et livrer à l'Iran le système de défense antimissile S-300 commandé par Téhéran.


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