Le président iranien a assuré hier que l’Iran était capable d’enrichir de l’uranium « à plus de 80 % », mais qu’« il ne le fera pas car il n’en a pas besoin ». Raheb Homavandi/Reuters
Premier chargement d'uranium enrichi à 20 %
Dans son discours, le président a également annoncé la production par l'usine de Natanz (centre) du « premier chargement » d'uranium enrichi à 20 % destiné officiellement au réacteur de recherche médicale de Téhéran. La Maison-Blanche a dit douter des affirmations iraniennes assurant que ces dires étaient motivés par la politique et non fondés du point de vue scientifique.
Le président américain Barack Obama « rate des occasions » et « sert la volonté » d'Israël en s'en prenant à l'Iran, a par ailleurs accusé le président iranien. « Malheureusement, l'espoir de changement (de la politique américaine) est en train de se muer rapidement en désespoir », a affirmé M. Ahmadinejad. Le président iranien a également vivement attaqué l'État d'Israël, dont Téhéran ne reconnaît pas l'existence, en prédisant de nouveau son « effondrement prochain ». Les puissances occidentales « veulent dominer la région, mais le peuple iranien ne le permettra pas », a-t-il poursuivi.
Khatami et Karoubi agressés
Parallèlement, les rassemblements d'hier ont donné lieu dans la capitale iranienne à plusieurs affrontements apparemment isolés mais parfois violents entre les forces de l'ordre massivement déployées et des partisans de l'opposition qui tentaient de profiter de l'occasion pour manifester, selon des témoins. De nombreuses arrestations ont été opérées, selon ces témoins.
Deux chefs de l'opposition, Mohammad Khatami et Mehdi Karoubi, ont été agressés, sans être blessés, par des hommes en civil dans leur voiture alors qu'ils se rendaient aux rassemblements officiels, selon le site d'opposition Rahesabz et le fils de M. Karoubi. Un autre leader de l'opposition, Mir Hossein Moussavi, a été empêché lui aussi de se rendre au rassemblement officiel par les forces de l'ordre, et sa femme a été agressée et « battue », selon son site Internet Kaleme.org. Le frère de M. Khatami, Mohammad Reza Khatami, et sa femme Zahra, petite-fille de l'ayatollah Khomeyni, fondateur de la République islamique, ont été brièvement arrêtés, toujours selon le site.
Le pouvoir avait averti qu'il ne tolérerait pas de voix discordantes lors des manifestations du 11 février.
En réaction, les États-Unis ont exprimé leur soutien aux « droits universels » des manifestants iraniens à pouvoir s'exprimer librement sans être visés par des violences. L'Union européenne a proclamé sa solidarité avec ceux qui manifestent en Iran pour la démocratie et les droits de l'homme, a dit sa chef de la diplomatie, Catherine Ashton.
Des manifestations à répétition de l'opposition depuis la réélection contestée de M. Ahmadinejad ont entraîné des dizaines de morts et des milliers d'arrestations dans tout l'Iran. Les principaux leaders de l'opposition avaient malgré tout appelé leurs partisans à participer massivement aux rassemblements officiels pour faire entendre leur voix.


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