Le rapport indique en effet que le total des actifs bancaires, un indicateur principal de l'activité du secteur, a augmenté de 21 milliards de dollars l'an dernier, passant de 94,3 milliards de dollars fin 2008 à 115,3 milliards de dollars fin 2009.
Cette croissance de 22,3 % des actifs des banques opérant au Liban découle notamment de la forte hausse des dépôts bancaires, dont le montant global a augmenté de 18 milliards de dollars en 2009 (+23,1 %), soit 1,7 fois la croissance enregistrée en 2008 et 3,3 fois la croissance moyenne réalisée au cours des six dernières années, indique le rapport. En volume, les dépôts bancaires ont d'ailleurs atteint 95,8 milliards de dollars fin décembre, un pic historique.
Baisse du taux de dollarisation des dépôts
La confiance dans le système bancaire, resté intact au lendemain de la crise mondiale, constitue la raison principale derrière cette hausse soutenue des dépôts, favorisée également par la stabilité des conditions monétaires et l'attractivité des rémunérations en livres libanaises, souligne le rapport. Selon la Bank Audi, quelque 57,7 % de la croissance réalisée au niveau des dépôts provient d'ailleurs de la hausse des dépôts en monnaie locale. Ceux-ci ont progressé de 10,4 milliards de dollars l'an dernier, tandis que les dépôts en devises ont augmenté de 7,6 milliards de dollars.
La forte demande de la livre, amorcée au lendemain de la crise, s'est traduite par un recul du taux de dollarisation des dépôts, qui a atteint 64,5 % fin 2009, contre 69,6 % un an plus tôt. Le rapport note toutefois un maintien de la forte dollarisation de l'activité de crédit, 84 % des prêts accordés en 2009 étant libellés en dollars.
Croissance soutenue des dépôts des non-résidents
Selon Bank Audi, la croissance des dépôts bancaires réalisée l'an dernier provient notamment de la hausse des dépôts des résidents, qui ont augmenté de 12,9 milliards de dollars, comptant ainsi pour 71,8 % de la hausse totale des dépôts, contre 81,7 % en 2008. Les dépôts des non-résidents ont, quant à eux, connu une croissance particulière l'an dernier, contribuant à hauteur de plus de 28 % de la croissance des dépôts du secteur - une proportion beaucoup plus élevée que celle observée au cours des dernières années. Selon le rapport, nombreux sont les expatriés et les étrangers à avoir transféré leurs capitaux au Liban au lendemain de la crise, d'où la croissance importante des dépôts des non-résidents.
En parallèle avec la hausse des dépôts bancaires en livres, les certificats de dépôts en monnaie locale ont également connu une croissance soutenue au cours du premier semestre de 2009, ajoute le rapport de la Bank Audi. Ainsi, les dépôts en livres à la Banque du Liban (BDL) ont atteint 55,5 % du total des placements en livres, contre 42,4 % à la fin de 2008.
Ralentissement de l'activité d'emprunt
En revanche, l'activité d'emprunt a connu un léger ralentissement en 2009, au vu du resserrement du crédit à l'échelle mondiale, souligne la Bank Audi. Les prêts accordés au secteur privé ont en effet augmenté de 3,3 milliards de dollars sur un an (+13,3 %), contre une hausse de 4,6 milliards de dollars en 2008. La croissance annuelle réalisée l'an dernier reste toutefois de loin plus élevée que la moyenne enregistrée au cours des six dernières années (+1,6 milliard de dollars par an). Cela est dû à l'abondance des liquidités et à la flexibilité caractérisant les banques locales, souligne le rapport.
Les crédits en livres ont contribué à hauteur de 35,2 % de la croissance globale des crédits, contre 12,7 % un an plus tôt. Cette hausse importante de l'activité de crédit en livres est le résultat de la croissance soutenue des dépôts en monnaie locale mais aussi de l'émission par la BDL de circulaires favorisant l'octroi de prêts en livres, souligne le rapport.
Au niveau des liquidités bancaires, la Bank Audi souligne que les liquidités primaires en devises ont atteint 31,4 milliards de dollars fin 2009, couvrant ainsi 50,9 % des dépôts bancaires en devises, contre 50 % un an plus tôt.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine