Dmitri Medvedev, un juriste de 44 ans qui doit sa carrière à Vladimir Poutine, s'est vu propulsé en 2008 au Kremlin, la Constitution interdisant à l'ex-colonel du KGB, de 13 ans son aîné, d'exercer plus de deux mandats consécutifs. Mais si le jeune président russe a adopté un discours nettement plus libéral que celui de son mentor, ce dernier, qui a laissé entendre qu'il pourrait choisir de revenir au Kremlin à la présidentielle de 2012, reste de l'avis de nombre d'observateurs l'homme fort du pays.
Depuis quelques mois, les exemples abondent de rapprochements bilatéraux sur la scène internationale. Il y a eu la conférence sur le climat de Copenhague - « Les Russes étaient d'accord avec nous », dit Bernard Kouchner - et ce qui a été perçu à Paris comme un revirement russe sur l'Iran lors de la révélation à l'automne d'un site nucléaire secret iranien. « C'était un tournant. M. Medvedev a été le premier Russe à nous parler de sanctions », confirme un responsable français sous couvert d'anonymat.
Le rapprochement franco-russe vient également de se traduire de manière spectaculaire avec l'accord de principe donné par Paris à Moscou pour la vente à l'armée russe d'un puissant navire militaire dont Moscou voudrait acheter encore trois exemplaires. Cette vente, une première entre un membre de l'OTAN et Moscou, pourrait être formalisée dès mars à l'occasion d'une visite à Paris du président russe, en dépit des inquiétudes d'ex-républiques soviétiques comme la Géorgie et les Pays baltes, et de réserves américaines.
Également illustré par une « année croisée » France-Russie en 2010, le rapprochement de Paris et Moscou est cependant vivement critiqué en raison des violations persistantes des droits de l'homme en Russie, et de l'occupation russe qui perdure en Abkhazie et en Ossétie du Sud, deux territoires géorgiens.


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