Ces derniers jours, les autorités ont procédé à de nouvelles arrestations d'opposants et de journalistes, un avertissement clair aux médias placés sous étroite surveillance. Les autorités ont interdit à la presse étrangère de couvrir les défilés, la cantonnant dans une tribune officielle pour écouter le discours que doit prononcer le président Ahmadinejad devant la foule. « Nous avons de très bonnes informations sur ces groupuscules et un certain nombre de personnes qui faisaient des préparatifs ont été arrêtées », a déclaré Esmaïl Ahmadi Moghadam, sans préciser le nombre d'arrestations ni le type de ces « préparatifs ». « Nous avons pris toutes les mesures pour avoir un défilé grandiose (...). Si certains tentent de créer des troubles, les gens agiront eux-mêmes et les forces de l'ordre sont également prêtes », a-t-il ajouté.
Les principaux leaders de l'opposition, interdite de manifestations, ont néanmoins appelé leurs partisans à participer massivement aux rassemblements officiels, selon la tactique employée depuis le début de la crise. « Participons tous aux cérémonies d'anniversaire calmement et fermement, avec patience et sans violences verbale et physique », a demandé l'ex-chef réformateur du Parlement, Mehdi Karoubi. Ces commémorations « ne sont pas la propriété d'une faction ou d'un camp », a souligné l'ex-président réformateur Mohammad Khatami. Pour l'ancien Premier ministre Mir Hossein Moussavi, principal rival de M. Ahmadinejad à la présidentielle, l'opposition doit être « présente lors de tels mouvements », pour « tenter d'influencer les autres par (son) comportement ».
En outre, un Iranien a été condamné à la peine capitale pour sa participation aux émeutes antigouvernementales fin décembre, a indiqué mardi l'agence ISNA, ce qui porte à 12 le nombre de personnes condamnées à mort pour leur implication dans des manifestations de l'opposition. « Neuf des responsables des troubles de l'Achoura ont été condamnés : un à la peine capitale et huit autres à des peines de prison », a rapporté ISNA, citant un communiqué du parquet de Téhéran, sans donner plus de détails. Neuf autres condamnés attendent la confirmation de leur sentence en appel. Le pouvoir iranien cherche à « intimider l'opposition », a jugé le ministère français des Affaires étrangères, en réaction à la douzième peine capitale prononcée contre un contestataire.


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