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Moyen Orient et Monde - Enquête

Blair ne regrette « aucunement » sa guerre contre l’Irak

Pour l'ancien Premier ministre, l'Iran de 2010 est une menace supérieure à celle de l'Irak de 2003.

Tony Blair face au comité d’enquête sur la guerre en Irak. Photo AFP

Tony Blair a défendu mordicus « et sans le moindre regret » hier, devant une commission d'enquête sur l'Irak, sa décision d'entrer en guerre aux côtés des Américains contre Saddam Hussein qui menaçait, selon lui, le monde avec des armes « terrifiantes ». « Avez-vous des regrets ? » a demandé à trois reprises à l'ancien Premier ministre travailliste le président de la commission, John Chilcot, après avoir évoqué la centaine de milliers de victimes du conflit, en conclusion des six heures d'interrogatoire serré. « Une responsabilité oui, mais je n'ai aucun regret d'avoir renversé Saddam Hussein, a rétorqué, soudain défiant, M. Blair. C'était un monstre. Je pense qu'il menaçait non seulement la région, mais le monde entier. » « Je pense sincèrement que le monde est plus sûr » sans lui, a-t-il conclu, déclenchant pour la première fois des huées et des cris : « Meurtrier », « Menteur », dans la salle impersonnelle où avaient notamment pris place des parents des 179 soldats britanniques tués en Irak.

« Si c'était à refaire, je le referais », avait auparavant lâché le chef du gouvernement britannique de 1997 à 2007, en évoquant longuement « le monde de l'après-11 septembre » 2001 en réponse à la question liminaire : « Pourquoi avons-nous envahi l'Irak ? » « Il n'était pas question de prendre le moindre risque. Tout cela devait s'arrêter », a-t-il martelé, accompagnant ses propos de gestes tranchés de la main. Après le 11-Septembre, « on nous a dit que ces fanatiques religieux utiliseraient des armes chimiques ou biologiques ou nucléaires s'ils pouvaient en obtenir ». « Cela a complètement changé notre évaluation des risques » posés par des pays comme l'Irak, l'Iran, la Libye.

La menace incarnée en 2003 par l'Irak perdure en 2010 dans l'Iran voisin « particulièrement dangereux », avec son programme nucléaire et ses liens avec des entités terroristes, a insisté à plusieurs reprises celui qui dirige aujourd'hui le quartette (États-Unis, UE, Russie et ONU) au Proche-Orient, en semblant suggérer une action militaire contre Téhéran.

La commission d'enquête n'étant pas un tribunal, elle ne prononcera pas de sentence, mais Blair a fait figure d'accusé hier. « Je n'aurais pas fait l'Irak si je n'avais pas pensé que c'était juste », a dit l'ancien dirigeant poursuivi par le dossier irakien qui l'a contraint à écourter son 3e mandat, a terni son bilan, contribué à l'écarter de la présidence de l'UE et nourri son impopularité. L'avocat de profession au sourire un rien crispé a systématiquement réfuté les critiques. « Je croyais sans le moindre doute que l'Irak disposait d'armes de destruction massive », (ADM) sur la foi d'informations des services de renseignements, a-t-il dit. Et « le monstre » Saddam avait gazé son propre peuple et provoqué plus d'un million de victimes, a-t-il fait valoir. Il a balayé l'argument selon lequel la guerre était « illégale » en raison de l'ambiguïté d'une résolution 1441 de l'ONU sur l'Irak. Une seconde autorisant explicitement l'usage de la force « nous aurait simplifié la vie », s'est-il contenté de reconnaître.

Quant à l'existence d'un pacte secret, scellé avec « son ami Bush » en son ranch texan, un an avant la guerre ? J'ai convenu, ni plus ni moins, qu'il « fallait s'occuper de Saddam, mais les méthodes étaient ouvertes », sans exclure l'action militaire ni la diplomatie.

Ceux qui espéraient des révélations à l'occasion de ce fascinant exercice en « archéologie politique », selon l'expression de la BBC, auront été déçus. De même ceux qui attendaient des excuses de la part du dirigeant, arrivé très tôt par une porte dérobée. « J'aimerais qu'il me regarde dans les yeux et qu'il me dise : "je suis désolé". Mais il n'en a pas les tripes », a laissé tomber Theresea Evans, dont le fils Llywelyn a été tué au premier jour du conflit.

À l'extérieur, quelques centaines de pacifistes contenus par plusieurs cordons de policiers ont conspué toute la journée Blair « le criminel de guerre ».

Tony Blair a défendu mordicus « et sans le moindre regret » hier, devant une commission d'enquête sur l'Irak, sa décision d'entrer en guerre aux côtés des Américains contre Saddam Hussein qui menaçait, selon lui, le monde avec des armes « terrifiantes ». « Avez-vous des regrets ? » a demandé à trois reprises à l'ancien Premier ministre travailliste le président de la commission, John Chilcot, après avoir évoqué la centaine de milliers de victimes du conflit, en conclusion des six heures d'interrogatoire serré. « Une responsabilité oui, mais je n'ai aucun regret d'avoir renversé Saddam Hussein, a rétorqué, soudain défiant,...
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