L'eau, notre richesse, à « vau-l'eau »
La neige et la pluie sont arrivées de manière tardive cette année et nous avons été très inquiets. Et si cette source de vie qui nous est si naturelle au Liban venait à manquer ? Ce serait bien plus grave que les querelles politiques qui nous sont devenues familières, et même que les difficultés sociales, qu'elles soient du domaine de la santé, de l'éducation ou du logement, auxquelles nous essayons de faire face.
Mon père, en homme sage, nous répétait ce dicton du peuple : « Même face à la mer, utilise l'eau dans les normes », pour nous mettre en garde contre le gaspillage. J'aimerais, à sa mémoire et à la mémoire de toute une génération d'hommes qui ont vécu dans un Liban vert et luxuriant, créer une ONG pour la préservation de cette richesse naturelle que nous laissons se perdre. Cette ONG se chargerait de coordonner les efforts de ceux qui ont des idées pour une stratégie de l'eau avec ceux qui ont les moyens de les mettre à exécution, et ce en trouvant les fonds nécessaires. L'Orient-Le Jour pourrait, à travers sa page « Opinion », mettre en marche ce mouvement. Je suis sûre que beaucoup de particuliers fortunés et d'institutions éclairées se joindront à cette initiative
Dolly TALHAMÉ
Bonjour la 1739
La 1739 ? Non, ce n'est pas une résolution de l'ONU, mais le numéro de téléphone d'urgence pour la protection du consommateur, un service créé pour servir en principe le citoyen et qui, en en cette saison de rabais, surtout après les fêtes, devrait en principe l'aider à combattre la fraude qui sévit sur la qualité et les prix d'un grand nombre de produits proposés. Ainsi, par exemple, pour un certain article acheté actuellement à moitié prix, si le fournisseur se rétracte malgré sa signature sur sa facture et refuse de vous fournir la marchandise ou vous rendre l'argent, et que, par désespoir, vous vous confiez enfin à ce fameux numéro 1739, l'unique réponse à laquelle vous avez droit émane d'une douce voix féminine qui vous susurre qu'en raison des lois en vigueur, votre seule chance consisterait pour vous à régler le problème à l'amiable, pour ne pas dire tribale. Sinon, il vous faudra recourir aux tribunaux. Et là, tout le monde sait à quel résultat s'attendre, avec une procédure qui peut durer des années.
À ce propos, à la veille des élections municipales, on comprend pourquoi ces dernières resteront le dernier des soucis du citoyen car dans un pays où tout est condamné à être réglé soit par la force soit par le chantage, on ne bâtira jamais une nation mais plutôt une ferme, avec quelques coqs de chaque confession pour la gouverner.
Antoine SABBAGHA
Congestion externe
J'ai le sentiment d'avoir, le long de cette route, parcouru plus de rêves que de chemin. Sillonné des mémoires, gravi des souvenirs.
Vivre son passé par procuration et partager cette souffrance, cet oubli.
Guerre civile, déchirements intérieurs. Des années d'hémorragie interne, et nous en congestion externe. Sortis de son ventre prématurément.
Mis en couveuse à 5 000 kilomètres de là-bas.
Plus tard, on te racontera, on te dira, son eau, sa lumière, sa terre.
De temps en temps, tu goûteras son sel, son huile, ses fruits.
Tu t'abreuveras de son parfum, te nourriras de son goût.
Tu absorberas tout, comme une éponge, pour mieux rendre et partager.
Dans tes nuits les plus sombres, à l'ombre de ses cèdres, tu t'allongeras sur son sable émouvant que des vagues de sang sont venues polluer.
Tu écouteras ce vent qui te racontera votre histoire.
Ce vent qui traverse la vie de tes nuits pour te ramener chez toi.
Patrick KHAYAT

