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Moyen Orient et Monde - Iran

La légitimité d’Ahmadinejad reconnue par le réformateur Karoubi

La voie semble ouverte à un apaisement de la crise politique qui secoue la République islamique depuis sept mois.
L'un des principaux opposants au président Mahmoud Ahmadinejad, le réformateur Mehdi Karoubi, a reconnu pour la première fois hier le résultat de l'élection du 12 juin. « Je continue à croire que l'élection (présidentielle) a été marquée de fraudes massives, mais puisque le guide (de la République islamique Ali Khamenei) l'a validée, je crois que M. Ahmadinejad est le chef du gouvernement, c'est-à-dire le président » de l'Iran, a déclaré Mehdi Karoubi, dans une réponse transmise par son fils Hossein Karoubi à une question de l'AFP.
L'ancien président réformateur du Parlement, candidat arrivé en 5e position à la présidentielle, avait jusqu'à présent refusé de reconnaître la validité de ce scrutin qu'il jugeait frauduleux à l'instar de plusieurs autres personnalités réformistes ou modérées du régime.
Cette contestation de la légitimité de M. Ahmadinejad, partagée par d'autres figures du régime, comme l'ancien Premier ministre Mir Hossein Moussavi - également candidat malheureux à la présidence - ou l'ancien président Mohammad Khatami, a plongé la République islamique dans l'une des plus graves crises politiques de son histoire. De violentes manifestations antigouvernementales à répétition ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés depuis le 12 juin, et les dernières, qui ont fait huit morts lors du jour de deuil chiite de l'Achoura le 27 décembre, ont montré l'ampleur de la crise sept mois après son déclenchement.
L'engagement public de M. Karoubi en avait immédiatement fait une des cibles privilégiées des attaques du pouvoir. Son journal a été suspendu, des poursuites judiciaires ont été engagées contre lui pour avoir dénoncé des tortures et viols de manifestants en prison, et il était jusqu'à récemment présenté systématiquement par l'aile dure du régime comme un des « chefs de la sédition » visant à renverser le régime. M. Karoubi a également été victime de plusieurs agressions physiques, dont des tirs contre sa voiture le 8 janvier. « Les menaces et les intimidations ont renforcé ma détermination », affirmait-il toutefois le 11 janvier.
Dans une lettre ouverte, il continuait à dénoncer « le vol politique » commis selon lui lors de la présidentielle, et à réclamer la libération des centaines d'opposants arrêtés et parfois lourdement condamnés depuis juin, ainsi que le respect des droits de l'homme et l'ouverture du pouvoir à l'opposition. Il n'avait en revanche pas réaffirmé son refus de reconnaître le gouvernement issu des élections, tout comme M. Moussavi avait omis de le faire dans une lettre ouverte du même type publiée le 1er janvier.
La reconnaissance explicite de M. Ahmadinejad comme chef de l'Exécutif par l'un de ses plus virulents détracteurs constitue un nouveau signe d'une timide décrispation qui semble s'être amorcée depuis la mi-janvier en Iran. Dirigeants et médias proches du pouvoir ont mis un bémol à leurs attaques contre les leaders de l'opposition, qui a retrouvé un petit droit de cité à la télévision pour la première fois depuis juin.
« Il semble que (les dirigeants de l'opposition) s'orientent vers une reconnaissance du gouvernement tout en continuant à critiquer la façon dont l'élection s'est déroulée », estimait hier un analyste politique iranien indépendant, Mohammad Saleh Sedghian, interrogé par l'AFP.
« On semble aller vers la réconciliation que les réformistes et certains conservateurs modérés appelaient de leurs vœux » pour tenter de dénouer la crise, a-t-il estimé.
L'un des principaux opposants au président Mahmoud Ahmadinejad, le réformateur Mehdi Karoubi, a reconnu pour la première fois hier le résultat de l'élection du 12 juin. « Je continue à croire que l'élection (présidentielle) a été marquée de fraudes massives, mais puisque le guide (de la République islamique Ali Khamenei) l'a validée, je crois que M. Ahmadinejad est le chef du gouvernement, c'est-à-dire le président » de l'Iran, a déclaré Mehdi Karoubi, dans une réponse transmise par son fils Hossein Karoubi à une question de l'AFP.L'ancien président réformateur du Parlement, candidat arrivé en 5e position à la présidentielle, avait jusqu'à...
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