L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a estimé à au moins 500 000 le nombre des sans-abri, rien que dans la capitale haïtienne où ils occupent quelque 447 campements improvisés. Tomas Bravo/Reuters
L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a estimé à au moins 500 000 le nombre des sans-abri, rien que dans la capitale haïtienne, où ils occupent quelque 447 campements improvisés. Les autorités haïtiennes ont parlé d'un million de sans-abri dans l'ensemble du pays. Neuf jours après le séisme, le bilan provisoire de la catastrophe s'établissait à 75 000 morts et 250 000 blessés. L'ONU estime que 3 millions de personnes nécessitent une aide humanitaire.
Quatre aéroports, dont celui de Port-au-Prince, sont désormais en service en Haïti et en République dominicaine voisine afin d'acheminer l'aide, a annoncé un responsable militaire américain. Les forces américaines, qui, après l'arrivée, prévue samedi, de 4 000 renforts, atteindront 15 000 hommes, travaillent à la réouverture du port de Port-au-Prince, cruciale pour désengorger l'aéroport de la capitale, sur lequel afflue jusqu'à présent l'essentiel de l'aide internationale. « Nous allons pouvoir recevoir du carburant ce week-end » grâce à la réouverture du port, a déclaré le général américain Mike Dana, responsable de la logistique des secours. Pour sa part, la Banque mondiale a annoncé qu'elle suspendait pendant cinq ans le remboursement des sommes dues par Haïti.
Les opérations de sauvetage en Haïti touchaient à leur fin hier, neuf jours après le séisme, malgré la découverte de survivants « miraculés ». Les États-Unis, maîtres d'œuvre de la logistique, ont dit s'attendre à achever « très bientôt » la phase de recherche des survivants pour passer au ramassage des corps et au déblaiement de la capitale dévastée. Désormais, les chances de survie des victimes sont minces après neuf jours et les 43 équipes internationales engagées (1 800 sauveteurs et 161 chiens) savent qu'elles luttent contre la montre.
En dépit des jours qui passent, les sauveteurs affirment rester mobilisés pour retrouver des survivants. « Les secouristes ont travaillé autant le huitième jour que le premier », a déclaré hier la porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA) à Genève, Élisabeth Byrs. « Tant qu'on a de l'espoir, même s'il diminue d'heure en heure, de sauver ne serait-ce qu'une vie, on continue. » Selon les dernières données de l'ONU, les secouristes sont parvenus depuis le 12 janvier à extraire 121 personnes des décombres, ce qui constitue « un record » par rapport aux autres grands séismes qui ont frappé la planète.
Pour les survivants, les conditions d'hygiène restent abominables : des femmes se lavent près des immondices, des enfants font leurs besoins au milieu des rescapés, des survivants boivent de l'eau non potable. Les sinistrés manquent de tout, mais ceux qui ont réussi à amasser de l'eau, des vivres ou de l'essence les revendent à prix d'or, provoquant une flambée des prix. Le prix d'une petite bouteille d'eau a triplé. Un chauffeur de taxi, Frédéric Leny, qui a augmenté ses tarifs, se justifie : « Je gagne beaucoup d'argent, mais ça ne va pas durer. Dans quelques jours, tout le monde aura oublié Haïti. »
Pillages et tirs sporadiques se poursuivent, mais le centre de Port-au-Prince retrouve peu à peu un aspect normal. Près de la place du Champ-de-Mars, des vendeurs à la sauvette sont réapparus, avec des noix de coco dans une brouette, des casques audio neufs et même des médicaments.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine