Une image vidéo non datée montrant Qassem al-Rimi, le chef militaire d’el-Qaëda dans la péninsule Arabique, qui a été tué hier dans un raid aérien au Yémen.Photo AFP
La province de Saada, fief de la rébellion zaïdite (chiite), et la province voisine d'al-Jawf sont le théâtre d'une offensive de l'armée, en cours depuis plus de cinq mois. L'armée saoudienne s'est impliquée dans cette guerre après la mort le 3 novembre d'un de ses gardes-frontières, tué par un rebelle infiltré en territoire saoudien.
Rimi et Waïli figuraient sur une liste de 152 suspects recherchés pour des affaires de sécurité, publiée par les autorités yéménites en 2009. Rimi n'était pas sur la liste des personnes les plus recherchées par le FBI, mais figurait sur la celle des personnes que le FBI souhaitait interroger dans le cadre de la guerre contre le terrorisme. Il était l'un des 23 membres d'el-Qaëda à s'être évadés en février 2006 de la prison de la Sûreté de l'État à Sanaa. « Rimi était le principal artisan de la plupart des opérations d'el-Qaëda au Yémen », a indiqué le responsable, ajoutant qu'il avait échappé à deux reprises aux forces de sécurité : une fois en 2008 dans la province de Marib et l'autre à la fin de 2009 à Arhab. Waïli « donnait refuge à plusieurs activistes d'el-Qaëda dans la province de Saada, dont il est originaire », et Chabwani donnait « refuge à des dizaines de partisans d'el-Qaëda à Wadi Abida, dans la province de Marib », a-t-il ajouté. « La traque des terroristes d'el-Qaëda se poursuivra » et « le gouvernement usera de tous les moyens dont il dispose pour éradiquer le terrorisme sur le territoire yéménite », a en outre assuré le responsable.
Ce raid intervient deux jours après la mort, dans une opération des forces terrestres yéménites, de Abdallah Mehdar, présenté comme le chef d'el-Qaëda dans l'est du pays où se réfugieraient les principaux responsables du réseau d'Oussama Ben Laden au Yémen. Les autorités yéménites ont lancé, au cours des dernières semaines, une offensive en règle contre les membres d'el-Qaëda, demandant pour cela la coopération de la population et l'appui de la communauté internationale. L'armée avait mené deux opérations d'envergure les 17 et 24 décembre contre des positions d'el-Qaëda, tuant selon elle plus de 60 membres présumés du réseau.
L'annonce de ce raid intervient alors qu'à Sanaa, lors de la prière du vendredi, cheikh Zendani, soupçonné par Washington de soutenir le terrorisme, a appelé ses compatriotes au jihad contre une éventuelle intervention américaine dans le pays. « Dès lors que l'ennemi s'invite sur notre terre et vient nous occuper, notre religion nous impose le jihad », a dit hier cheikh Zendani en expliquant une fatwa émise la veille par les oulémas du Yémen à des centaines de fidèles. Influent au Yémen et dans les pays voisins, il a appelé ses partisans à promouvoir la fatwa « dans les médias et sur la Toile », appelant les pays arabes et islamiques à soutenir le Yémen « avant que ne se produise la catastrophe ».


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