La Banque centrale syrienne, dont le gouverneur a annoncé « la suppression de tous les obstacles à la libéralisation des échanges ».
Une loi d'avril 2001 avait autorisé les établissements bancaires privés, à condition que leur capital soit majoritairement détenu par des actionnaires syriens. Cette législation s'inscrivait dans le cadre de la libéralisation de l'économie du pays voulue par le président Bachar el-Assad, au pouvoir depuis 2000.
Depuis janvier 2004, plus d'une dizaine de banques privées ont vu le jour en Syrie, comme les filiales de la Banque européenne pour le Moyen-Orient (BEMO)-Saudi Fransi, la Banque internationale pour le commerce et le financement, l'Arab Bank, Byblos et Audi-Liban.
La Syrie a par ailleurs autorisé les banques privées à augmenter leur capital, qui passera de 30 à 200 millions de dollars, a indiqué M. Mayala.
Les banques privées islamiques, dont les services sont conformes à la charia (loi islamique), sont dotées chacune d'un capital de 300 millions de dollars contre 100 millions auparavant, a-t-il ajouté. Du fait de cette augmentation, 2,2 milliards de dollars seront injectés en trois ans dans le secteur bancaire en Syrie, a souligné M. Mayala. Des autorisations seront accordées prochainement à cinq banques privées en Syrie, a-t-il affirmé sans autre précision.
Ces mesures ont été adoptées pour « soutenir les réformes économiques et le processus de développement en Syrie », a affirmé M. Mayala.
Il a cité en exemple la signature avec le géant français Lafarge en 2008 de contrats pour la construction de deux cimenteries en Syrie. L'une de ces cimenteries, d'une capacité de 2,7 millions de tonnes par an et d'un coût de 680 millions de dollars, est financée par onze banques privées syriennes à hauteur de 155 millions, ainsi que par la Banque européenne d'investissement (BEI).
Le gouverneur de la Banque centrale a annoncé en outre « la suppression de tous les obstacles à la libéralisation des changes » en Syrie. En effet, depuis moins d'un mois, les Syriens sont « autorisés à opérer des transactions en devises étrangères allant jusqu'à dix mille dollars par mois », ce qui n'était pas le cas jusqu'à présent, a-t-il indiqué.
De plus, « le compte courant a été complètement libéralisé » pour les commerçants qui devaient déposer sur un compte à la Banque commerciale de Syrie la totalité des devises importées, a ajouté M. Mayala.
L'économiste Samir Seifane évoque pour sa part « une légère augmentation des investissements » syriens et étrangers dans le pays. Il estime à au moins 12 milliards de dollars les besoins en investissements par an de la Syrie afin d'assurer un taux de croissance de 7 %, de réduire le taux de chômage - estimé à 10 % de source officielle et à plus de 20 % selon des experts occidentaux - ainsi que la pauvreté dans le pays.


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