La croissance du mois de novembre est venue étayer l'amélioration annuelle des agrégats bancaires. Ainsi, entre les mois de décembre 2008 et novembre 2009, le total des actifs des banques a augmenté de 19,3 milliards de dollars, l'équivalent du double de la croissance enregistrée pour la même période de l'année précédente, et 2,8 fois la progression moyenne notée pour les 6 années précédentes. Ces résultats illustrent la confiance solide du public dans le secteur bancaire local, notamment dans le contexte mondial de fuites de capitaux vers les banques et institutions bancaires les plus immunisées.
Les dépôts
L'activité principale qui soutient ces chiffres demeure les dépôts des clients. L'accroissement de ceux-ci durant les 11 premiers mois de l'année 2009 est de l'ordre de 16,3 milliards de dollars, soit 20,9 %. Ce chiffre dépasse de loin celui, déjà exceptionnel, enregistré pour la totalité de l'année 2008, à savoir 10,5 milliards de dollars. L'augmentation des dépôts au cours des 11 premiers mois de 2009 représente deux fois celle qui avait été enregistrée pour la même période de l'année 2008, et trois fois la moyenne annuelle des six dernières années.
Ainsi, les dépôts bancaires ont augmenté de 77 779 millions de dollars à la fin du mois de décembre 2008 à 97 063 millions de dollars fin novembre 2009.
Du fait de la conversion massive des avoirs en devises étrangères en livres libanaises, grâce notamment à une plus grande confiance en la monnaie nationale, la croissance des dépôts en livres a compté pour 56,7 % de la progression du total des dépôts. Les dépôts en livres ont bondi de 9 228 millions de dollars, pendant que les dépôts en devises augmentaient de 7 055 millions de dollars durant les 11 premiers mois de l'année 2009. Ceci a contribué à un déclin du taux de dollarisation qui est passé de 69,6 % en décembre 2008 à 65 % en novembre 2009, le plus bas taux en 9 ans.
Parallèlement, environ 27,1 % de la croissance des dépôts est due aux dépôts de non-résidents. Notons que les dépôts de ces derniers ont totalisé 15 923 millions de dollars pour les 11 premiers mois de l'année, en hausse de 4 417 millions de dollars.
D'autre part, en comparaison avec d'autres pays qui poursuivent une politique restrictive en matière de crédits, le Liban s'est distingué par une activité de crédits relativement dynamique, même si sa croissance au cours des onze premiers mois de 2009 reste inférieure à celle de 2008.
Dans les détails, les crédits accordés au secteur privé ont augmenté de 3,8 milliards de dollars, 15,1 % de moins par rapport à la croissance enregistrée au cours de la même période de l'année précédente où la hausse avait été de 4,3 milliards de dollars. Pourtant le chiffre reste supérieur à celui enregistré pour l'année 2007, comme pour la moyenne des 6 dernières années qui est de l'ordre de 1,9 milliard de dollars.
Les crédits en dollars gardent la cote avec une part de 85 % du total des crédits pour le seul mois de novembre 2009, avec un rapport inchangé depuis le début des années 2000, et ce malgré une politique de dé-dollarisation de la part des prêteurs. Dans ce sens, les efforts de la Banque centrale pour stimuler les prêts en livres ont été fructueux puisque 28,1 % de la croissance des dépôts est due aux dépôts en livres.
Enfin, les chiffres publiés par la Banque du Liban (BDL) montrent que les profits nets des banques cotées totalisent 932 millions de dollars, qui en rythme annuel seraient équivalents aux 1 079 millions de dollars de profits enregistrés en 2008, ce qui reflète une détérioration par rapport à la croissance soutenue des profits du secteur au cours des dernières années, due à la crise financière et économique mondiale.


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