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Moyen Orient et Monde - Sécurité

Entre les narcotrafiquants sud-américains et el-Qaëda, une « alliance contre nature »

Selon les autorités américaines, les narcotrafiquants passent désormais par l'Afrique pour atteindre le marché européen, avec l'aide d'el-Qaëda et d'autres groupes terroristes.

Les débris d’un Boeing 727 au milieu du Sahara en Afrique de l’Ouest. Selon l’ONU, l’avion transportait des centaines de kilos de cocaïne en provenance du Venezuela. Serge Daniel/AFP

Le réseau terroriste d'el-Qaëda aide les rebelles colombiens des FARC à faire passer en Europe de la cocaïne via l'Afrique, affirme un responsable de la Drug Enforcement Administration (DEA), l'agence antidrogue américaine. Avec le renforcement de la surveillance maritime ces dernières années dans l'Atlantique, les « narcoterroristes » sud-américains, comme ceux des Forces armées révolutionnaires de Colombie qui financent ainsi leurs opérations, ont dû revoir leur stratégie. Ils passent désormais par l'Afrique pour atteindre le marché européen, avec l'aide d'el-Qaëda et d'autres groupes terroristes, a expliqué ce week-end à Reuters Jay Bergman, directeur de la DEA pour la région andine. « Depuis le milieu des années 1990, quand les Européens se sont révélés plus efficaces dans la surveillance des côtes, par exemple au large du Portugal et de l'Espagne, les trafiquants ont modifié leurs routes, passant progressivement plus au sud jusqu'à atteindre l'Afrique de l'Ouest », dit-il. Le mois dernier, trois Africains de l'Ouest liés à el-Qaëda ont été extradés vers les États-Unis, accusés de trafic de drogue et de terrorisme. C'était la première fois que les autorités américaines laissaient entendre qu'el-Qaëda aidait les trafiquants - probablement pas gratuitement - à faire transiter leur marchandise par l'Afrique de l'Ouest.
« Comme l'indique l'arrestation de ces trois membres d'el-Qaëda, la diffusion du trafic de drogue en Afrique de l'Ouest a été l'occasion d'une alliance contre nature entre les narcoterroristes sud-américains et les extrémistes islamiques », précise Jay Bergman. « Pour survivre, les cartels doivent sans cesse s'adapter. Et l'alternative pour atteindre l'Europe, aujourd'hui, c'est l'Afrique de l'Ouest », souligne le responsable de la DEA.
Face à la multiplication des patrouilles maritimes, les trafiquants ont commencé à utiliser des avions pour transporter la cocaïne en Afrique. La plupart des appareils décollent du Venezuela, qui a une frontière commune avec la Colombie. « D'après nos recherches, tous les avions que nous avons saisis en Afrique de l'Ouest, une demi-douzaine environ, étaient partis du Venezuela qui, pour des raisons géographiques, est devenu un tremplin pour de telles activités », poursuit Jay Bergman.
Le président vénézuélien Hugo Chavez, chantre de la « révolution bolivarienne », accuse pour sa part les États-Unis et la Colombie de prendre prétexte des opérations antidrogue pour préparer l'invasion de son pays. Pour désorganiser cette nouvelle route de la cocaïne entre l'Amérique du Sud et l'Afrique de l'Ouest, la DEA compte plus sur le renseignement que sur la multiplication des patrouilles au-dessus de l'Atlantique. « Il est bien moins coûteux d'avoir un agent de la DEA en Afrique de l'Ouest qui, grâce à ses sources, peut savoir quand un avion ou un bateau va partir, et la route qu'il va suivre, pour le cueillir à l'arrivée, au lieu de déployer des dizaines de navires ou d'avions de surveillance dans l'Atlantique », explique Jay Bergman. Pour ce qui est du marché américain, dit-il, les trafiquants colombiens sont aujourd'hui contraints d'utiliser de petits submersibles en fibre de verre, qu'ils construisent sur la côte pacifique, pour envoyer la drogue au Mexique avant son transfert aux États-Unis. Ces sous-marins, qui ne servent qu'une fois, sont ensuite coulés.
Le réseau terroriste d'el-Qaëda aide les rebelles colombiens des FARC à faire passer en Europe de la cocaïne via l'Afrique, affirme un responsable de la Drug Enforcement Administration (DEA), l'agence antidrogue américaine. Avec le renforcement de la surveillance maritime ces dernières années dans l'Atlantique, les « narcoterroristes » sud-américains, comme ceux des Forces armées révolutionnaires de Colombie qui financent ainsi leurs opérations, ont dû revoir leur stratégie. Ils passent désormais par l'Afrique pour atteindre le marché européen, avec l'aide d'el-Qaëda et d'autres groupes terroristes, a expliqué ce week-end à Reuters Jay Bergman, directeur de la DEA pour la région...
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