Le suisse s'est montré d'autant moins agressif avec l'américain qu'il lui a acheté, pour 3,7 milliards de dollars, son activité de pizzas surgelées aux États-Unis et au Canada. Pour le cabinet Investec, « Kraft a acheté le silence de Nestlé » avec cette opération.
Kraft Foods a annoncé qu'il allait consacrer le produit net de cette vente à améliorer la composition de son offre pour Cadbury. Celle-ci avait été formulée à 3 livres (3,3 euros) et 0,2589 action Kraft, ce qui représentait 7,38 livres par action à la clôture de lundi soir, et valorisait Cadbury à 10,1 milliard de livres, soit un peu plus de 11 milliards d'euros.
Kraft va proposer désormais 3,6 livres en numéraire au lieu de 3 et ajuster le volume d'actions à la baisse en conséquence. L'américain a indiqué qu'il donnerait tous les détails le 19 janvier, dernier jour pour le possible relèvement de son offre, dont il a repoussé la date d'expiration au 2 février.
Kraft a expliqué qu'il relevait la part en numéraire « en raison du souhait exprimé par certains porteurs de titres de Cadbury », mais aussi parce que « les actionnaires de Kraft Foods ont exprimé le désir que celui-ci soit plus économe dans l'utilisation d'actions (actuellement) sous-évaluées, en guise de monnaie pour cette offre ».
L'identité d'au moins un de ces actionnaires de Kraft a été spectaculairement dévoilée un peu plus tard avec un communiqué de la compagnie Berkshire Hathaway du milliardaire américain Warren Buffett, principale actionnaire de Kraft avec 9,4 %.
La holding a voté « non » à une augmentation de capital projetée par Kraft pour financer l'achat de Cadbury, pour ne pas donner « un chèque en blanc » à Kraft dans cette transaction.
Le communiqué de Berkshire Hathaway explique qu'à « 27 dollars actuellement, cela coûte cher d'utiliser l'action de Kraft pour l'acquisition de Cadbury », rappelant que le titre de Kraft valait encore 33 dollars en 2007. Elle n'a pas exclu cependant de voter « oui » si en fin de compte elle estimait que « l'offre ne détruit pas de valeur pour les actionnaires ». Kraft s'est empressé d'assurer qu'il entendait rester « discipliné » dans le rachat de Cadbury et que ses actionnaires seraient en mesure de prendre des décisions « informées ».
De son côté, Cadbury n'a pas voulu commenter l'intervention de Berkshire Hathaway, mais, réagissant à l'amélioration qualitative de l'offre de Kraft, le britannique a considéré que « malgré ce bricolage, elle reste dérisoire, avec moins de la moitié du prix exprimée en numéraire ».
Cependant, la perte de son principal chevalier blanc - deux autres groupes intéressés, l'américain Hershey et l'italien Ferrero, ne sont pas en mesure de l'acheter seuls - et la crainte que l'offre de Kraft échoue complètement pesaient sur la valeur de Cadbury. Le groupe perdait 3,54 % à 776,54 pence vers 16h00 GMT à la Bourse de Londres, ce qui le valorisait à 10,68 milliards de livres.


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