« Tout indique apparemment qu'il a agi seul, peut-être sous l'effet d'une impulsion soudaine », a déclaré Jakob Scharf, le chef des services secrets, cité par l'agence de presse danoise Ritzau. « Plusieurs éléments de l'enquête vont dans le sens de cette thèse », a ajouté M. Scharf.
L'agresseur, blessé de deux balles par la police danoise vendredi soir après être entré par effraction dans la maison de Kurt Westergaard armé d'une hache et d'un couteau, a été amené sur un brancard au tribunal d'Aarhus. L'homme était dissimulé sous des couvertures blanches de l'hôpital où il avait été opéré dans la nuit, un bras bandé, une jambe dans une attelle et le visage recouvert d'une serviette de toilette pour ne pas être reconnu, selon les médias danois, dont certains le décrivent barbu et le crâne rasé.
Selon le récit du caricaturiste, âgé de 74 ans, auteur du dessin le plus controversé, représentant le prophète Mohammad avec un turban en forme de bombe à la mèche allumée, l'homme était sur le point de le tuer. L'agresseur a crié les mots « Vengeance » et « Sang » dans un danois approximatif. Avec sa petite-fille âgée de cinq ans qui se trouvait chez lui, le dessinateur s'est réfugié dans la salle de bains qu'il avait fait aménager en chambre forte, d'où il a alerté la police. L'agresseur a essayé d'entrer de force dans la salle de bains, mais en vain.
Outre la tentative de meurtre sur Kurt Westergaard, le Somalien a été inculpé pour avoir lancé sa hache sur un policier venu l'arrêter, ratant de peu sa cible, et pour l'avoir attaqué avec un couteau avant d'être blessé par balles à la jambe et au bras. Le procureur en charge du dossier, Jacob Bülow Moeller, s'est dit « pleinement satisfait » de la décision d'inculper et d'emprisonner le suspect. « L'homme ne veut pas du tout s'exprimer », sur le conseil de son avocat, a ajouté le procureur. « Nous n'en savons pas encore assez. Je dois être en mesure d'étudier l'affaire avec lui », a explique l'avocat du Somalien, N.C. Strauss.
L'ensemble de la classe politique danoise a réagi avec indignation à cette agression, qui a également été « condamnée avec force » par l'Union des musulmans danois. Les insurgés islamistes radicaux somaliens, les shebab, ont en revanche salué la tentative de meurtre au cours d'une conférence de presse samedi à Mogadiscio. « Nous saluons l'incident dans lequel un garçon musulman somalien a attaqué le diable qui a injurié le prophète Mohammad », a déclaré le porte-parole des shebab, cheikh Ali Mohammad Rage.


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