Le président américain Barack Obama et son homologue français Nicolas Sarkozy ont évoqué à plusieurs reprises la fin de l'année comme date-limite pour que l'Iran, soupçonné de développer un programme nucléaire militaire, se conforme à ses obligations internationales en la matière. Téhéran a rejeté jusqu'à présent les offres des six puissances travaillant sur le dossier du nucléaire iranien (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne). « L'offre présentée par (le groupe des Six) et l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique) a clarifié aux yeux du monde ce qu'étaient les intentions de l'Iran, maintenant il doit prendre ses responsabilités. Et s'il ne le fait pas, la communauté internationale agira en conséquence », a encore dit M. Gibbs, prévenant que des mesures étaient déjà en cours d'élaboration à cet effet.
Le président iranien avait rejeté plus tôt hier l'échéance de la fin de l'année fixée par les États-Unis à l'Iran pour qu'il accepte la proposition de l'AIEA sur son programme nucléaire controversé. « Ils ont dit que l'Iran avait jusqu'à la fin de l'année chrétienne (pour répondre à l'offre de l'AIEA) (...). C'est nous qui leur avons donné une chance », a dit le président Mahmoud Ahmadinejad dans un discours à Chiraz, retransmis par la télévision d'État. « Certains démons leur ont rapporté que le gouvernement iranien est affaibli et qu'il est temps de faire pression sur lui », a-t-il ajouté, en référence à la crise qui a suivi son élection contestée à la présidentielle du 12 juin. « Nous n'aimons pas les conflits », a poursuivi le président iranien selon qui le gouvernement iranien est « aujourd'hui dix fois plus fort qu'il ne l'était l'an dernier ».
Lundi soir, le président du Parlement iranien, Ali Larijani, a affirmé que les positions des États-Unis à l'égard de l'Iran traduisent « leur confusion plutôt que leur puissance ». « Ils (les Américains) multiplient les messages nous appelant à une amélioration des relations et en même temps » profèrent des menaces, a-t-il dit pendant une conférence de presse au cours d'une visite au Caire. « Les Américains (...) sont incapables de définir une stratégie (envers l'Iran) ou peut-être pensent-ils qu'ils agissent ainsi de façon habile. »
Parallèlement, les grands pays chargés du dossier nucléaire iranien projettent de se réunir, au niveau des directeurs politiques, début janvier à New York pour évoquer de nouvelles sanctions qui feraient l'objet d'une résolution vers février, selon le chef de la diplomatie française. « Nous travaillons sur des sanctions supplémentaires » et « tout en continuant d'essayer de dialoguer avec les Iraniens », l'idée serait « à partir du début janvier de réunir d'abord les directeurs politiques à New York », a déclaré Bernard Kouchner lors d'une audition devant la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale. Lundi, le ministre français avait indiqué que les sanctions accrues contre l'Iran porteraient sur « tous les circuits d'assurances et de banques ».
De son côté, le Premier ministre français François Fillon, qui a rencontré hier le président chinois Hu Jintao, a affirmé que la France et la Chine partageaient une « identité de vues » sur la question du nucléaire iranien ainsi que sur la situation en Afghanistan. « La France et la Chine partagent le même objectif d'empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire et de continuer le dialogue au sein du groupe des Six », a ensuite précisé l'entourage de François Fillon.


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