La France et la Belgique ont une idée très précise concernant certains moyens à mettre en œuvre. « J'ai insisté sur la nécessité d'étudier sérieusement maintenant le principe d'une taxe carbone aux frontières », a ainsi annoncé la secrétaire d'État française, Chantal Jouanno. Paul Magnette, le ministre belge chargé du Climat, avait été tout aussi explicite à l'issue de la conférence de Copenhague. « Si certains pays parmi les plus grands émetteurs (de gaz à effet de serre) au monde continuent de faire obstacle à l'adoption d'objectifs contraignants de réduction des émissions, l'Union européenne doit envisager, comme le permet le rapport de l'OMC du 26 juin, une taxe carbone sur les produits importés de ces pays qui font une concurrence déloyale à nos entreprises », a-t-il affirmé, cité lundi par le quotidien Le Soir.
L'échec de Copenhague est imputé au refus de la Chine et des États-Unis d'accepter des engagements contraignants. Mais l'idée de la « taxe carbone » ne fait toujours pas l'unanimité au sein de l'UE. « Ce n'est pas la bonne voie », a soutenu le ministre allemand de l'Environnement, Norbert Roüttgen. « Nous devons éviter de brandir les armes, car elles ne nous aideront pas », a pour sa part affirmé Andreas Carlgren à l'issue de la réunion. Le ministre suédois a néanmoins reconnu que l'Union européenne avait le droit de « montrer les dents » pour signifier sa « déception et sa frustration ». « La plupart des ministres partagent le point de vue exprimé par la Suède. Cette mesure (la taxe aux frontières) doit être l'ultime option », a souligné la secrétaire d'État espagnole, Teresa Ribera.
L'Union européenne attend de voir les offres de réduction de leurs émissions que les autres pays développés, notamment les États-Unis, vont soumettre le 31 janvier. « Nous devons maintenir la pression pour qu'elles soient à la hauteur et nous espérons ne pas avoir de mauvaises surprises », a insisté Mme Ribera. Mais les négociateurs européens ont confié ne pas attendre de grands changements. Les États-Unis ne devraient ainsi pas aller au-delà de leur offre, soit une réduction de 4 % par rapport au niveau des émissions de 1990. L'Union européenne, pour sa part, campera sur son engagement à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 20 % en 2020 par rapport à 1990, avec la possibilité de les réduire de 30 % si les autres pays développés prennent des engagements comparables.


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