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Moyen Orient et Monde - Religion

Benoît XVI proclame « vénérables » Jean-Paul II et, par surprise, Pie XII

Benoît XVI a proclamé samedi « vénérables » deux de ses prédécesseurs, le très populaire Jean-Paul II et Pie XII, contesté pour son silence pendant la Shoah, suscitant des protestations des communautés juives de Berlin et de Rome alors qu'Israël demandait l'ouverture des archives du Vatican.
La signature du décret sur les « vertus héroïques » de Pie XII a été une surprise mais a suscité peu de réactions immédiates, car elle est intervenue le jour sacré du shabbat, très suivi en Israël et par les juifs pratiquants. À Berlin, Stephan Kramer, secrétaire général du Conseil central des juifs d'Allemagne, s'est dit « furieux » et « triste », estimant que Benoît XVI « réécrit l'histoire ». La communauté juive de Rome a exprimé une position « critique », demandant l'accès aux archives vaticanes de l'époque et rappelant le départ en 1943 d'un train de déportés juifs vers Auschwitz « dans le silence de Pie XII ». Israël a également demandé hier l'ouverture des archives du Vatican sur la Seconde Guerre mondiale. « Le processus de béatification ne nous regarde pas, c'est une question qui ne concerne que l'Église catholique. Quant au rôle de Pie XII, c'est aux historiens de l'évaluer et c'est pourquoi nous demandons l'ouverture des archives du Vatican (...) », a affirmé à l'AFP le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, Yigal Palmor.
Pour le pape Jean-Paul II, la Congrégation pour les causes des saints avait validé dès novembre « l'héroïcité des vertus » de Karol Wojtyla. Proclamer « vénérable » le pape polonais (1978-2005) est la dernière étape avant sa béatification qui interviendra, selon la presse italienne, dès l'année prochaine. Les médias ont évoqué le printemps 2010, cinq ans après son décès survenu le 2 avril 2005, ou octobre 2010, pour marquer le 16 octobre 1978, date de son élection à la tête de l'Église catholique. « C'est une grande joie », a commenté l'archevêque de Cracovie, Mgr Stanislaw Dziwisz, ancien ami et secrétaire personnel de Karol Wojtyla en soulignant que « Jean-Paul II rassemblait les gens. Il était celui qui passait des ponts entre les peuples et les religions ». Le processus avait été déclenché par Benoît XVI deux mois après le décès de Jean-Paul II, un délai exceptionnellement bref, autorisé par une dérogation papale à la norme des cinq ans. Pendant les obsèques de Jean-Paul II sur la place Saint-Pierre à Rome, en avril 2005, de nombreux fidèles avaient crié « Santo Subito », réclamant ainsi sa sanctification immédiate.
Le pape a également approuvé la béatification du père Jerzy Popieluszko, qui devient ainsi « bienheureux », dernière étape avant la canonisation. Le procès en béatification de père Jerzy avait débuté en mai 2001 et l'année dernière, le pape Benoît XVI avait donné son accord pour que son cas soit étudié en recourant à une procédure accélérée. Étant donné qu'il s'agit d'un martyr, comme il a été tué par la police communiste polonaise de l'époque, un miracle - en général une guérison inexpliquée - n'est pas requis pour être béatifié et devenir bienheureux.

Benoît XVI a proclamé samedi « vénérables » deux de ses prédécesseurs, le très populaire Jean-Paul II et Pie XII, contesté pour son silence pendant la Shoah, suscitant des protestations des communautés juives de Berlin et de Rome alors qu'Israël demandait l'ouverture des archives du Vatican.La signature du décret sur les « vertus héroïques » de Pie XII a été une surprise mais a suscité peu de réactions immédiates, car elle est intervenue le jour sacré du shabbat, très suivi en Israël et par les juifs pratiquants. À Berlin, Stephan Kramer, secrétaire général du Conseil central des juifs d'Allemagne, s'est dit...
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